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AFRIQUE
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Mort du chef de Wagner: quelles implications pour les conflits en Afrique
Alors que l’on s’interroge encore sur les circonstances de la disparition du chef de Wagner, Evgueni Prigojine, en Afrique, l’opinion est préoccupée par l’avenir des forces de ce groupe déployées en République centrafricaine et au Mali notamment.
Mort du chef de Wagner: quelles implications pour les conflits en Afrique
Evgueni Prigojine, le chef de l'organisation paramilitaire russe Wagner / Photo: AFP / Others

L’organisation paramilitaire russe Wagner fait beaucoup parler d’elle en Afrique ces dernières années, du fait de ses interventions dans des pays en conflit.

La République centrafricaine est la première à l’avoir accueillie en 2018, dans un contexte de guerre civile, alors que le pays est toujours sur le coup d’un embargo des armes imposé par les Nations unies.

Le Mali a été le deuxième pays africain à autoriser Wagner à s’installer sur son territoire en 2021.

Sept ans après l’entrée en scène de ces paramilitaires en Afrique, “ces pays ont réussi à contenir l’avancée des troupes rebelles”, concède Raphaël Mvogo, journaliste spécialisé dans les affaires ouest-africaines

Il n’est donc pas surprenant que l’opinion publique africaine s’interroge sur le devenir des relations entre le groupe militaire russe et des États comme la République centrafricaine et le Mali

“Il faut d’emblée situer l’intervention de Wagner en République centrafricaine et au Mali dans le cadre des accords de défense que les pays africains concluent avec la Fédération de Russie et les autres puissances, explique cet analyste. Cette coopération, poursuit-il, s’intègre dans le dispositif institutionnel et stratégique de ces États pour assurer la sécurité et la stabilité de leurs territoires.”

"Rien d'inquiétant"

En République centrafricaine, le premier pays à ouvrir les portes du continent africain à Wagner en 2018, “malgré la présence de 12 000 hommes des casques bleus de la MINUSCA, bien armés avec avions et chars, la situation sécuritaire ne s’améliorait pas, fait remarquer Raphaël Mvogo.

C'est alors que le président Michel Archange Touadera, dont le pays est toujours sous embargo des armes, fait appel à la Russiequi intervient par le groupe de sécurité privée Wagner. Les rebelles ont reculé et ne menacent plus de s’emparer de la capitale. Le dernier référendum s’est déroulé. Warner y a grandement contribué.”

À Bangui comme à Bamako, aucune réaction officielle n’est enregistrée pour le moment à propos de la mort du dirigeant de Wagner.

Mais au lendemain de la rébellion de Wagner en Russie, Fidèle Gouadjika, ministre conseiller du président centrafricain Faustin Archange Touadera, soulignait déjà que “la République centrafricaine a signé en 2018 un accord de défense avec la Fédération de Russie et non avec Wagner”, précisant que “la Russie a sous-traité avec Wagner.”

”Si la Russie n’est pas d’accord avec Wagner, alors elle nous enverra un nouveau contingent.”

Prémonitoire, Fidèle Gouandjika déclarait alors : “ils vont peut-être changer de chef, mais les soldats de Wagner continueront d'opérer pour le compte de la Fédération de Russie”.

Avec ou sans Evgueni Prigojine, Bangui et même Bamako poursuivront la coopération avec le groupe de sécurité russe.

“Il n’y a donc pas lieu de redouter un changement majeur étant donné que les États africains entretiennent des relations diplomatiques et bilatérales avec la Fédération de Russie. La coopération militaire, insiste l’analyste des questions diplomatiques, s’insère dans un dispositif stratégique de part et d'autre…”

Et si la mort de Prigojine est confirmée, ajoute Raphaël Mvogo, “il y a déjà une pièce de rechange bien insérée dans le dispositif stratégique russe.”

En dehors de la République centrafricaine et du Mali, le groupe Wagner est aussi présent au Soudan. Après avoir soutenu l’ex-président Omar Al Bashir, ils opèrent avec Mohamed Hamdam Dogolo, le patron des Forces de soutien rapide.

Dans le nord du Mozambique, ils ont brièvement combattu des terroristes aux côtés de l’armée avant de se retirer suite à la mort de six paramilitaires.

Outre de nombreuses exactions contre des civils au Mali et en République centrafricaine, l’ONU, des ONG internationales et la France reprochent à Wagner une tendance à l’affairisme et à la “prédation”.

Le groupe est accusé d’être impliqué dans l’exploitation du bois, des mines de diamant et d’or au Mali et en République centrafricaine.

À présent, que ce soit à Bangui,à Bamako ou ailleurs en Afrique, le public est curieux de savoir quel sera le profil du futur patron de Wagner.

SOURCE DE L'INFORMATION:TRT Français
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