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AFRIQUE
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Ousman Sonko jugé pour crimes contre l’humanité dont viols en Suisse
L’ancien ministre gambien de l’Intérieur pendant le régime jammeh comparaît en Suisse pour crimes contre l'humanité, dans une affaire historique où une victime de viols répétitifs témoignera après plusieurs décennies d'attente de la justice.
Ousman Sonko jugé pour crimes contre l’humanité dont viols en Suisse
Ousman Sonko jugé pour crimes contre l’humanité dont viols en Suisse. Photo : Reuters / Others

Le procès pour crimes contre l’humanité de l’ancien ministre gambien de l’Intérieur pendant le régime jammeh s’est ouvert lundi en Suisse pour crimes contre l'humanité, dans une affaire historique où une victime de viols répétitifs témoignera après plusieurs décennies d'attente de la justice.

L'ancien ministre gambien de l'intérieur, Ousman Sonko, devient le plus haut responsable africain à être jugé en Europe en vertu du principe de compétence universelle, qui permet de poursuivre n'importe où les auteurs de crimes graves, a déclaré le groupe de campagne suisse TRIAL International, qui a déposé la plainte contre lui.

Neuf plaignants gambiens viendront en Suisse pour l'audience au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone.

Binta Jamba, l'une des plaignantes qui affirme que Sonko l'a violée à plusieurs reprises, se tenait à l'extérieur de la salle d'audience, portant une pancarte sur laquelle on pouvait lire : "Jammeh et ses complices doivent être traduits en justice".

Sonko nie les accusations

Sonko, 54 ans, est accusé de meurtre, de viols multiples et de torture entre 2000 et 2016. Il s'agit du deuxième procès pour crimes contre l'humanité jamais organisé en Suisse. Il nie ces accusations.

"Cela a été une longue période d'attente, avec colère et anxiété. Mais je suis très optimiste maintenant et je me sens très heureux. Je sens l'odeur de la justice", a déclaré Madi Ceesay, un plaignant de 67 ans, avant le procès. Il affirme avoir été détenu et torturé sous Sonko.

L'avocat de l'accusé, Philippe Currat, a demandé à la Cour classer l'affaire, invoquant des manquements liés aux enquêtes et aux audiences.

"Depuis le début, je suis stupéfait de la manière dont ce dossier a été traité", a -t-il déclaré à Reuters. Il a déclaré que certaines des preuves contenues dans l'acte d'accusation étaient fondées sur des audiences secrètes en Gambie et que les personnes interrogées n'avaient pas été informées de leurs droits.

25 ans de lutte

Selon l'acte d'accusation, Jamba a été violée à plusieurs reprises par Sonko entre 2000 et 2002, après qu'il q "assassiné" son mari dans le cadre d'une prétendue tentative de coup d'État.

Lire aussi : Ousman Sonko : Que reproche –t-on au ministre de l’Intérieur du régime Jammeh ?

Une fois, en 2005, il l'a gardée captive pendant cinq jours, la battant et la violant à plusieurs reprises. Elle est tombée enceinte de lui à deux reprises et il a payé les avortements, détaille l'acte d'accusation.

"Ma famille et moi luttons contre cette situation depuis près de 25 ans. Sans justice, je ne connaîtrai jamais la paix dans ma vie", a-t-elle déclaré dans un message envoyé à Reuters avant le procès.

M. Currat affirme pouvoir prouver que M. Sonko était à l'étranger pendant une grande partie de la période des accusations de viol.

Il soutiendra également que de nombreux crimes contre l'humanité présumés, y compris les accusations de viol, se sont produits avant l'entrée en vigueur d'une loi suisse pertinente en 2011 et ne sont pas admissibles.

Il encourt la perpétuité

Sonko, 54 ans, a été arrêté début 2017 en Suisse, où il demandait l'asile. Le régime répressif de Jammeh, qui a duré 22 ans, a pris fin en janvier 2017 après qu'il a perdu les élections et a été contraint de s'enfuir.

Sonko pourrait être condamné à une peine d'emprisonnement à perpétuité, la peine maximale possible.

Fatoumatta Sandeng, la fille de Solo Sandeng, un opposant gambien tué en détention en 2016, a déclaré qu'elle était impatiente de regarder Sonko dans les yeux au tribunal. "Si nous ne demandons pas aux gens de rendre des comptes, des choses comme ça continueront à se produire en Gambie, en Afrique, partout dans le monde", a-t-elle déclaré.

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SOURCE DE L'INFORMATION:TRT Afrika et agences
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