| Français
INTERNATIONAL
5 MIN DE LECTURE
COP28: les énergies fossiles alimentent la discorde
La réunion a réussi son coup d'envoi avec la concrétisation historique d'un fonds de compensation des pertes et dommages climatiques dans les pays vulnérables.
COP28: les énergies fossiles alimentent la discorde
Plus de 140 dirigeants mondiaux était présents vendredi à l'ouverture des travaux de la COP28 à Dubaï / Photo: AA / Others

Derrière les sourires de la photo de famille, sous le soleil accablant de Dubaï, les désaccords sur le pétrole restent profonds: plus de 140 dirigeants mondiaux sont vendredi à la COP28 pour rompre la paralysie climatique, mais le "tournant" appelé de ses voeux par le roi Charles est loin d'être acquis.

Invité d'honneur des Emirats arabes unis, hôte cette année de la COP, le roi Charles III a appelé les présidents et monarques devant lui à faire de cette 28e conférence de l'ONU sur le climat un tournant digne de l'accord de Paris pour accélérer l'action climatique.

"Les records sont brisés si souvent que nous devenons insensibles à ce qu'ils nous disent", a déclaré Charles, dont c'est la première présence à une COP en tant que souverain, et qui a rappelé sa participation à la COP21, où naquit il y a huit ans l'accord de Paris qui peine encore à produire des résultats suffisants.

Lire aussi

Qui sont les "soldats africains de la nature"?

"Je prie de tout mon coeur pour que la COP28 soit un autre tournant décisif en faveur d'une transformation réelle", a-t-il dit, citant les cyclones ayant dévasté les îles vulnérables dont Vanuatu, les inondations en Inde, au Bangladesh et au Pakistan, ou les incendies record des Etats-Unis à la Grèce. "La Terre ne nous appartient pas, nous appartenons à la Terre", a conclu le roi.

"La Terre en a ras-le-bol des accords sur le climat qui ne sont pas respectés", a tonné à sa suite le Brésilien Lula, qui accueillera la COP30 dans deux ans.

D'ici la fin de la conférence le 12 décembre, plus de 170 dirigeants sont attendus, selon Sultan Al Jaber, président de la COP28.

"La science est claire: la limite de 1,5°C est tenable uniquement si nous finissons par arrêter de brûler tous les combustibles fossiles", a lancé le secrétaire général de l'ONU António Guterres, qui appelle systématiquement à ce que les pays s'engagent à renoncer au pétrole, au gaz et au charbon.

Leur combustion croissante depuis le 19e siècle nous emmène vers un réchauffement invivable de près de 3°C d'ici 2100.

"Les signaux vitaux de la planète sont défaillants: émissions record, feux féroces, sécheresses mortelles et l'année la plus chaude jamais enregistrée", a-t-il martelé.

Le spectre de Gaza

L'ombre du conflit Israël-Hamas plane sur le rassemblement.

Le président israélien, Isaac Herzog, s'est déplacé à Dubaï pour y rencontrer d'autres dirigeants dans sa campagne diplomatique pour obtenir la libération des otages encore détenus dans la bande de Gaza. Il a notamment rencontré Lula, selon des sources brésiliennes.

Le secrétaire d'Etat américain, Anthony Blinken, a fait un détour par Dubaï vendredi pour rencontrer ses homologues régionaux.

Mais le président iranien Ebrahim Raïssi a annulé sa venue parce qu'Israël a été invité à y participer, selon un média officiel, et la délégation iranienne a quitté la COP28 en guise de protestation.

Et le roi Abdallah II de Jordanie a déclaré qu'il n'était pas possible "de parler de changement climatique séparément des tragédies humanitaires autour de nous".

"Nous parlons ici d'inclusivité dans le climat, soyons inclusifs pour les plus vulnérables", a-t-il lancé, citant les Palestiniens de Gaza et les personnes affectées par des conflits dans le monde.

Premier jour réussi

La COP28 a réussi jeudi son coup d'envoi, avec la concrétisation historique d'un fonds de compensation des pertes et dommages climatiques dans les pays vulnérables.

Même si les premières promesses de financement -- autour de 400 millions de dollars -- restent symboliques face aux besoins, chiffrés en centaines de milliards.

Derrière ce signal positif, indispensable pour apaiser les tensions entre le Nord et le Sud, tout reste à faire d'ici la fin de la COP28, le 12 décembre.

En premier lieu, il s'agit de revoir "le rôle des combustibles fossiles", comme l'a reconnu jeudi Sultan Al Jaber, président émirati de la COP28, très scruté vu son autre casquette de capitaine de l'industrie pétrogazière.

Un document de travail en vue de l'accord final, publié vendredi matin, propose aux pays de se prononcer sur une "réduction" ou une "sortie" des énergies fossiles. Sans doute le paragraphe qui sera le plus vivement débattu ces prochains jours.

➤Suivez-nous sur TRT Afrika Français via notre chaîne WhatsApp

SOURCE DE L'INFORMATION:AFP
Plus de contenus
Erdogan se rend en Arabie saoudite pour des entretiens avec MBS et le Premier ministre pakistanais
Trump signe un nouveau décret sur le droit du sol
Le Japon commémore le 81e anniversaire de l'attaque à la bombe atomique sur Hiroshima
L'Égypte presse Israël de rouvrir le poste-frontière de Rafah aux marchandises
Taiwan enquête sur 17 entreprises financées par la Chine pour débaucher des talents de la tech
Tensions entre l'Argentine et le Brésil : Brasilia demande le départ de l'ambassadeur argentin
Après Ceuta, plusieurs États européens veulent suspendre l'Espagne de l'espace Schengen
Un avion de chasse F-35 américain s'écrase près d'une base militaire en Californie
Trump affirme que les États-Unis n'ont pas accepté de fournir à l'Ukraine la technologie des missiles Patriot
Madrid convoque l’ambassadeur italien après l’appel à l’exclure de Schengen
Russie : le fondateur de Telegram Pavel Durov recherché pour "complicité de terrorisme"
Zelensky : la Russie veut déployer 30 000 soldats nord-coréens supplémentaires
La France et l'Espagne luttent contre de sévères incendies de forêt et évacuent 300 000 personnes
Les États membres de la Cour pénale internationale destituent le procureur en chef Karim Khan
Huit pays, dont la Türkiye, condamnent fermement les incursions massives dans la mosquée Al-Aqsa
Italie: Meloni exige "la vérité" après la mort d'un Marocain lors d'une arrestation
Les citoyens du Botswana "sont recrutés à un rythme alarmant" pour la guerre Russie-Ukraine
L'Iran menace de détruire les infrastructures régionales si les États-Unis ciblent ses installations
Les États-Unis infligent 25% de droits de douanes au Brésil, Lula condamne la décision
Israël: un soldat condamné pour avoir envoyé des vidéos d'interception de missiles à un agent iranien