L'armée sud-soudanaise a annoncé mercredi à l'AFP que des soldats accusés d'avoir tué au moins 21 civils le mois dernier dans l'Etat du Jonglei (centre-est) avaient été arrêtés et seraient traduits devant une cour martiale.
L'opposition sud-soudanaise avait accusé la semaine dernière les forces gouvernementales d'avoir commis un "massacre" d'au moins 25 civils, dont des femmes et des enfants, dans le Jonglei, où les combats entre factions rivales se sont fortement intensifiés ces dernières semaines.
"Deux officiers, dont un commandant, ainsi que plusieurs soldats ont été arrêtés (...) Ils seront transférés à Juba, où des accusations formelles seront formulées à leur encontre avant leur comparution devant une cour martiale compétente", a déclaré à l'AFP le porte-parole des forces armées sud-soudanaises (SSPDF) Lul Ruai Koang.
Une enquête a révélé que les meurtres commis dans le comté d'Ayod avaient été perpétrés par des éléments d'une milice - Agwelek - désormais partiellement intégrée à l'armée nationale, a-t-il expliqué.
"Nous avons appris que les décès de civils signalés étaient imputables à certains éléments des forces Agwelek sous les ordres du général Johnson Olony Thabo", a-t-il précisé.
Un lapsus
Le général Johnson Olony Thabo avait été filmé le mois dernier en train d'ordonner aux troupes de n'"épargner aucune vie" dans le Jonglei. Le gouvernement avait alors estimé que ces propos "pourraient avoir été un lapsus".
Les combattants impliqués ont quitté leurs positions sans l'accord de leur commandant de division et auraient tué des civils, a précisé le porte-parole, citant un rapport des autorités locales faisant état de 21 morts, principalement des femmes, des enfants et quelques jeunes hommes.
"Nous voudrions à nouveau rappeler à nos forces que leur mandat est de protéger les civils et leurs biens, pas le contraire", a souligné Lul Ruai Koang.
La Conférence des évêques catholiques du Soudan et du Soudan du Sud a réagi mercredi concernant les récents massacres de civils à Ayod, ainsi que dans le comté d'Abiemnom, près de la frontière soudanaise, où au moins 169 personnes ont été tuées dimanche.
Le gouvernement sud-soudanais doit "déployer des moyens pour protéger les populations vulnérables et favoriser un climat de dialogue et de réconciliation plutôt que de violence et de vengeance", ont déclaré les ecclésiastes.
Juba "doit agir immédiatement et en toute transparence, enquêter sur ces atrocités, traduire les auteurs en justice pour qu'(ils) ne recommencent pas", ont-ils ajouté.












