Rapport sur le bonheur 2026 : les médias sociaux érodent le bonheur en Afrique et dans d'autres régions
Le rapport constate que l'utilisation intensive des médias sociaux - définie comme plus de cinq heures par jour - est systématiquement associée à des niveaux de stress plus élevés et à une augmentation des symptômes dépressifs.
Le Rapport mondial sur le bonheur 2026 a été publié : Maurice arrive en tête du classement africain du bonheur, avec un score de 5,9 et une position mondiale de 73.
L'île continue de se distinguer par sa stabilité politique relative, sa cohésion sociale et sa qualité de vie. Juste derrière figurent la Libye et l'Algérie, toutes deux à un score de 5,7, ce qui montre que même dans des contextes politiques complexes, des facteurs tels que les liens communautaires et le soutien social jouent encore un rôle important dans l'évaluation que font les personnes de leur vie, indique le rapport.
Plus bas dans le tableau africain, des pays comme le Mozambique, le Gabon et la Côte d'Ivoire occupent une position intermédiaire, où les pressions économiques coexistent avec de forts réseaux informels qui amortissent souvent les difficultés. Le Cameroun et l'Afrique du Sud suivent, cette dernière se classant 101e au niveau mondial avec un score de 5,0, tandis que le Nigeria se situe légèrement plus bas, à la 106e place avec un score de 4,7.
Leaders mondiaux
Dans le paysage mondial, des pays comme la Finlande, le Danemark et l'Islande continuent d'occuper les premières places. Leur succès est souvent attribué à des institutions solides, à une faible corruption et à des systèmes de protection sociale robustes, selon le rapport.
Au bas du classement mondial, le rapport souligne à quel point le bonheur est lié à la stabilité et à la sécurité. L'Afghanistan reste le pays le moins heureux du monde, avec un score de seulement 1,4.
Il est suivi par la Sierra Leone, le Malawi et le Zimbabwe, où les difficultés économiques, l'incertitude politique et l'accès limité aux services essentiels continuent de structurer le quotidien. Le Yémen et le Liban restent également près du bas du classement, reflétant le lourd tribut durable des conflits et de l'effondrement économique, constate le rapport.
Impact des réseaux sociaux
L'une des conclusions les plus marquantes du rapport est le recul du bonheur et du bien‑être chez les jeunes en Amérique du Nord et en Europe occidentale au cours des quinze dernières années. Cette tendance suit parallèlement la croissance explosive des réseaux sociaux, ce qui, d'après le rapport, soulève des questions urgentes sur leurs effets à long terme.
Le rapport constate qu'une utilisation intensive des réseaux sociaux — définie comme plus de cinq heures par jour — est systématiquement associée à des niveaux de stress plus élevés, à une augmentation des symptômes dépressifs et à un sentiment croissant chez les jeunes d'être moins bien lotis que leurs parents.
Les plateformes de réseaux sociaux reposent sur la consommation passive, comme le défilement de contenus très visuels et sélectionnés, qui semble avoir un impact majoritairement négatif, note le rapport.
Le fait de suivre des influenceurs, en particulier ceux prisés par la génération Z, entraîne une exposition constante à des modes de vie idéalisés qui alimentent des comparaisons malsaines et érodent progressivement le bonheur et la satisfaction, souligne le rapport.
Cependant, pour le continent africain, le recul global du bonheur est davantage façonné par des défis structurels et économiques que par des facteurs numériques.
Le rapport a été compilé par le Wellbeing Research Centre de l'université d'Oxford en partenariat avec le Réseau des solutions pour le développement durable des Nations unies.