| Français
AFRIQUE
3 min de lecture
Pékin et Washington font pression sur le Ghana pour qu'il suspende la hausse des redevances sur l'or
Le premier producteur d'or d'Afrique souhaite remplacer sa redevance fixe de 5 % par un barème progressif compris entre 5 % et 12 %, indexé sur le cours du métal jaune.
Pékin et Washington font pression sur le Ghana pour qu'il suspende la hausse des redevances sur l'or
Les tranches supérieures du nouveau régime pourrait entrer en vigueur dès la semaine prochaine sauf modification ou retrait. / TRT Afrika Français
6 mars 2026

La Chine, les États-Unis et d'autres gouvernements occidentaux ont déployé des efforts concertés inhabituels pour contraindre le Ghana à suspendre une hausse des redevances sur l'or. Selon trois sources proches du dossier et une lettre d'une organisation professionnelle, cette hausse pourrait nuire à certains des plus grands producteurs d'or mondiaux.

Le premier producteur d'or d'Afrique souhaite remplacer sa redevance fixe de 5 % par un barème progressif compris entre 5 % et 12 %, indexé sur le cours du métal jaune. Cette mesure s'inscrit dans une stratégie visant à capter davantage de revenus grâce à la flambée des prix de l'or, qui ont atteint des sommets historiques successifs.

Les producteurs d'or affirment que les tranches supérieures du nouveau régime, qui pourrait entrer en vigueur dès la semaine prochaine sauf modification ou retrait, feraient du Ghana l'une des juridictions les plus chères du continent et risqueraient de réduire leurs marges.

RELATEDTRT Afrika - Le Ghana va raffiner localement son or afin d'accroître ses recettes et l'emploi

Selon Reuters, le Ghana a accepté de réduire une taxe existante afin de faciliter l'adoption de la réforme. Cependant, les compagnies minières estiment que le barème proposé reste trop élevé et ont soumis des contre-propositions à la baisse.

Pressions diplomatiques

Outre les pressions exercées par les États-Unis et la Chine, les missions diplomatiques du Royaume-Uni, du Canada, de l'Australie et de l'Afrique du Sud sont également intervenues, marquant ce que trois hauts dirigeants du secteur ont qualifié de réaction de haut niveau inhabituelle à une proposition fiscale.

« C'est la première fois que je vois la communauté diplomatique s'impliquer à cette échelle », a confié une source haut placée du secteur à Reuters.

Des représentants des missions ont rencontré le ministre ghanéen des Terres et des Ressources naturelles ce mois-ci et lui ont présenté un document commun exposant leurs préoccupations, ont indiqué deux personnes ayant une connaissance directe de la réunion. Le groupe souhaite poursuivre les discussions avec le ministre des Finances.

« Les chefs de mission ont exprimé leur inquiétude quant aux difficultés que rencontrera l'environnement d'exploitation des mines », a suggéré un dirigeant. Toutes les sources ont requis l'anonymat en raison de la sensibilité du sujet.

Les hauts-commissariats du Royaume-Uni, du Canada et de l'Australie, ainsi que les ambassades des États-Unis, d'Afrique du Sud et de Chine à Accra, n'ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Les PDG des compagnies minières inquiets

Les PDG des compagnies minières internationales ont également fait part de leurs réticences en privé. Les dirigeants de Newmont, Gold Fields, AngloGold Ashanti et Perseus ont adressé des courriers ou des lettres directement au ministre des Terres en décembre et janvier, afin de faire part de leurs préoccupations.

Les mines détenues par des intérêts chinois, notamment Zijin, Chifeng et Shandong Gold, ont déposé des protestations officielles.

Une lettre de l'Association minière Chine-Ghana, dont une copie a été adressée à l'ambassadeur de Pékin et consultée par Reuters, avertit que la proposition pourrait menacer la viabilité des mines d'or d'Akyem (Zijn), de Wassa (Chifeng) et de Cardinal (Shandong).

« La question des redevances a soudé les entreprises comme aucun autre sujet ces dernières années », a observé une source haut placée du secteur.

Les sociétés minières n'ont pas répondu aux demandes de commentaires. Les ministères ghanéens des Terres et des Finances n'ont pas non plus répondu immédiatement aux demandes de commentaires.

SOURCE DE L'INFORMATION:Reuters
Plus de contenus
La Chine va supprimer tous les droits de douane sur les biens africains
Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh remporte son sixième mandat
Présidentielle au Bénin: la fin des dix ans de règne de Patrice Talon
Tchad : Plus d'un million de réfugiés soudanais risquent de subir une réduction drastique de l'aide
La RDC réussit sa première émission d’eurobonds et lève 1,25 milliard de dollars
Les Djiboutiens votent pour la présidentielle
Trump cajole -t-il l'AES pour avancer les intérêts américains ?
Une dette de 400 ans : le Ghana, l'ONU et le sombre héritage de la traite des esclaves
Washington autorise le départ du personnel de son ambassade au Nigeria en raison de l’insécurité
Le Niger et le Maroc signent 14 accords de coopération
Franck Biya : l’ascension du prochain dirigeant du Cameroun ?
Guinée-Bissau : Grève des transporteurs en raison de la hausse des prix du carburant
Centrafrique : libération d'un travailleur humanitaire accusé d'avoir cherché à capturer Joseph Kony
Madagascar déclare l'état d'urgence énergétique en raison de la guerre en Iran
La Russie confirme la mort de 16 Camerounais en Ukraine, affirme Yaoundé
Soudan du Sud : Le président Kiir limoge la présidente et le vice-président du Parlement
Angola : le bilan des inondations s'élève désormais à 30 morts
Nigeria : au moins 15 personnes tuées dans des attaques contre des villages dans l'État de Kebbi
Le Maroc annonce avoir déjoué 73 640 tentatives d'immigration clandestine en 2025
La raffinerie Dangote augmente ses expéditions de pétrole vers les pays africains