Il y a 70 ans, le 9 août 1956, près de 20 000 femmes sud-africaines de toutes origines descendaient dans les rues de Pretoria pour défier l’apartheid. Leur cible : les lois imposant notamment aux femmes noires de porter un laissez-passer, document qui contrôlait leurs déplacements et limitait leur liberté.
Noires, Indiennes et quelques Blanches, elles avaient convergé vers les bâtiments de l’Union, siège du gouvernement, pour remettre une pétition au Premier ministre de l’époque, J.G. Strijdom.
Leur message, devenu historique : « Wathint’ abafazi, wathint’ imbokodo » — « Vous touchez aux femmes, vous frappez un rocher ».
Ramnie Dinat, 84 ans, n’était qu’une adolescente lors de la marche du 9 août 1956. Elle se souvient avoir aidé sa mère, Ama Naidoo, militante anti-apartheid, à mobiliser les femmes avant le rassemblement.
« Les femmes noires s’organisaient, et les femmes indiennes ne pouvaient pas rester silencieuses », a raconté Dinat à l’Associated Press, ajoutant que personne à l’époque n’imaginait que « l’histoire se souviendrait de cette journée ».
« Nous étions des femmes ordinaires qui croyaient pouvoir faire la différence. Nous pensions simplement que c’était la bonne chose à faire ».
Cette mobilisation spectaculaire s’inscrivait dans une lutte plus large contre le régime de ségrégation raciale instauré par l’apartheid. Les femmes, souvent au cœur de la résistance, risquaient arrestations, violences et répression.
Parmi elles, des figures comme Albertina Sisulu, Lilian Ngoyi, Helen Joseph et Rahima Moosa ont joué un rôle majeur dans l’organisation de la marche.
Soixante-dix ans plus tard, le 9 août est devenu la Journée nationale de la femme en Afrique du Sud, en hommage à celles qui, en 1956, ont osé défier l’un des systèmes de domination les plus brutaux du XXᵉ siècle.






















