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AFRIQUE
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Algérie - France : "travailler à dépasser l'héritage colonial, sans oublier les atrocités"
Le général en chef de l'armée algérienne, Said Chengriha, a exhorté l'Algérie et la France à construire des relations au-delà de l'héritage du colonialisme français, tout en préservant la mémoire du passé.
Algérie - France : "travailler à dépasser l'héritage colonial, sans oublier les atrocités"
Les relations entre l'Algérie et la France se sont tendues ces derniers temps. / AFP

S'exprimant lors d'une rencontre avec la ministre déléguée chargée des Anciens combattants et des Affaires de la Mémoire, Patricia Miralles, Chengriha a déclaré que les deux pays devraient travailler ensemble pour dépasser « l'héritage colonial douloureux sans l'oublier », selon un communiqué du ministère de la Défense.

La rencontre coïncidait avec la commémoration par l'Algérie de la Journée nationale de la Mémoire, marquant les massacres du 8 mai 1945 sous la domination coloniale française.

Chengriha a décrit ces massacres comme un moment déterminant dans la lutte de l'Algérie pour son indépendance et a affirmé que les Algériens qui se sont sacrifiés pendant la Seconde Guerre mondiale avaient pleinement le droit d'exiger « un État souverain et indépendant ».

Respect mutuel

Il a également encouragé les relations entre Alger et Paris à évoluer vers un avenir fondé sur le respect mutuel, dans un contexte régional et international en rapide évolution.

Plus tôt samedi, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu Miralles, qui a remis un message écrit du président français Emmanuel Macron.

Miralles est arrivée vendredi en Algérie, accompagnée de l'ambassadeur de France Stephane Romatet, qui est retourné à son poste après avoir quitté le pays en avril 2025 lors d'une crise diplomatique entre les deux pays.

Les troupes coloniales françaises ont commis ces massacres dans les villes orientales algériennes de Setif, Guelma et Kherrata, faisant selon les chiffres officiels algériens environ 45 000 morts, après des manifestations d'Algériens réclamant l'indépendance.

En avril, le parlement algérien a adopté une loi criminalisant le colonialisme français entre 1830 et 1962, bien que le texte final ait abandonné les demandes d'excuses officielles de la France et d'indemnisation.