Bénin : des millions d'électeurs vont aux urnes pour la présidentielle

Le président Patrice Talon, qui doit quitter ses fonctions après deux mandats de cinq ans, a soutenu son ministre des Finances dans l'élection pour lui succéder.

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Le Bénin a organisé des élections législatives en janvier 2026. / Reuters

Le Bénin vote dimanche pour élire un nouveau président, près de huit millions d'électeurs étant habilités à se rendre aux urnes pour choisir le successeur de Patrice Talon.

Le président Talon se retire après deux mandats de cinq ans et a apporté son soutien au ministre des Finances, Romuald Wadagni, comme successeur potentiel.

La participation sera un facteur crucial après une campagne terne marquée par l'apathie des électeurs.

Soutenu par les deux principaux partis au pouvoir, Wadagni est largement attendu pour l'emporter.

Il est mis au défi par Paul Hounkpe, une figure de l'opposition dont la campagne a été très discrète et qui a dû s'appuyer sur des députés de la majorité pour obtenir les parrainages parlementaires requis afin de se présenter.

Le principal parti d'opposition, Les Démocrates, ne présente pas de candidat, son chef Renaud Agbodjo n'ayant pas obtenu le nombre de parrainages parlementaires nécessaire pour se porter candidat.

Un fossé de richesse malgré la croissance économique

La majorité au pouvoir attribue l'exclusion des Démocrates à des divisions internes. Plusieurs cadres du parti ont rejoint la campagne de Wadagni.

Les prochaines élections au Bénin n'auront lieu qu'en 2033, une réforme constitutionnelle adoptée l'an dernier ayant prolongé le mandat présidentiel de cinq à sept ans et synchronisé toutes les élections pour cette date.

Hounkpe a, pour sa part, promis de libérer des « prisonniers politiques ».

Le pays a connu une croissance soutenue durant la décennie Talon : le PIB a doublé, la croissance a dépassé 6 % chaque année, le tourisme s'est développé et de nombreux projets d'infrastructures ont été achevés.

Talon apparaît comme l'architecte de ce développement, aux côtés de Wadagni, qui a dirigé le ministère des Finances pendant dix ans et incarne la continuité.

Mais des défis majeurs subsistent, notamment un écart important entre les nantis et les démunis.

Défi sécuritaire

« La prochaine phase du développement du pays sera l'éradication de l'extrême pauvreté. C'est l'une de ses priorités », a déclaré l'un des proches de Wadagni.

Le taux de pauvreté est estimé à plus de 30 % et de nombreux Béninois se plaignent que les bénéfices de la croissance économique de la dernière décennie ne leur ont pas été répercutés.

La croissance économique du Bénin dépendra aussi de l'instauration de la sécurité et de la stabilisation du pays.

Le nord du Bénin est en proie à une violence terroriste de plus en plus meurtrière, qui se propage depuis les pays voisins, le Burkina Faso et le Niger.

S'il est élu dimanche, on s'attend à ce que Wadagni puisse compter sur la loyauté de l'armée, qui a joué un rôle décisif pour repousser une tentative de coup d'État contre Talon en décembre.