Le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, a déclaré mercredi que le gouvernement ne procédera pas à une consultation publique concernant la mise en place d’une installation de quarantaine liée aux États-Unis pour le virus Ebola, située à la base aérienne de Laikipia.
Il a affirmé que les autorités ont une obligation constitutionnelle de protéger le pays face aux menaces infectieuses, dans un contexte de flambée régionale d’Ebola. Devant l’Assemblée nationale, où il était entendu par les députés, le ministre a défendu la stratégie de préparation du pays face à une éventuelle épidémie.
« Cette épidémie ne nécessite aucune consultation avant que les Kényans ne soient infectés. Nous avons, en tant que gouvernement, la responsabilité morale et constitutionnelle de protéger les Kényans ainsi que toutes les personnes présentes sur notre territoire ou en transit », a-t-il ajouté.

Aden Duale a affirmé que le gouvernement agit dans le cadre des lois de santé publique, rappelant que le Public Health Act autorise le ministre à prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir la propagation des maladies infectieuses.
Alors que le projet suscite des critiques, des contestations judiciaires et des manifestations, il a insisté sur la nécessité de répondre à une situation qu’il qualifie de « inhabituelle », en référence à l’épidémie d’Ebola dans la région, notamment en République démocratique du Congo.
Le ministre a également rejeté les accusations selon lesquelles le centre serait réservé aux ressortissants américains, affirmant qu’il pourrait également accueillir des Kényans si nécessaire.
Il a précisé que ce dispositif s’inscrit dans un accord bilatéral de coopération sur la réduction des menaces biologiques signé en 2015 lors de la visite de l’ancien président américain Barack Obama au Kenya, approuvé par le Parlement en 2017 et renouvelé en 2022, et valable jusqu’en 2029.
Située à environ 8 kilomètres de Nanyuki et à 200 kilomètres de Nairobi, la base aérienne de Laikipia se trouve dans une région agricole et pastorale stratégique, proche des zones de conservation autour du mont Kenya.
Malgré une décision de la Haute Cour suspendant temporairement le projet, le gouvernement kényan continue de défendre cette installation comme un élément clé de sa stratégie de préparation face à Ebola, dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales.


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