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AFRIQUE
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Le Gabon et la Guinée équatoriale scellent un accord mettant fin à un demi-siècle de différend territorial
L'accord engage les deux États à respecter l'arrêt de la CIJ, qui avait reconnu la souveraineté de la Guinée équatoriale sur l'île de Mbanié ainsi que sur les îlots de Cocotiers et Conga.
Le Gabon et la Guinée équatoriale scellent un accord mettant fin à un demi-siècle de différend territorial
L'accord engage les deux États à respecter l'arrêt de la CIJ, qui avait reconnu la souveraineté de la Guinée équatoriale sur l'île de Mbanié ainsi que

Le Gabon et la Guinée équatoriale ont officiellement mis fin, mardi, à un différend territorial vieux de près d'un demi-siècle en signant un accord au siège de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, entérinant ainsi l'application de la décision rendue en mai 2025 par la Cour internationale de Justice (CIJ).

L'accord engage les deux États à respecter l'arrêt de la CIJ, qui avait reconnu la souveraineté de la Guinée équatoriale sur l'île de Mbanié ainsi que sur les îlots de Cocotiers et Conga, mettant un terme à l'un des plus anciens contentieux frontaliers d'Afrique centrale.

Le document a été signé par le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Simeón Oyono Esono Angue, le président du Conseil constitutionnel gabonais, Dieudonné Aba'a Owono, et le président de la Commission de l'Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, en présence de représentants des deux pays.

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Pour les autorités équato-guinéennes, cet accord règle « de manière définitive » un différend qui empoisonnait les relations entre les deux voisins depuis les années 1970. La délégation gabonaise a, de son côté, salué l'ouverture d'« une nouvelle ère de coopération » avec la Guinée équatoriale, tandis que le président de la Commission de l'UA a estimé que la résolution de ce litige frontalier « qui n'a que trop duré » constituait une victoire pour la diplomatie africaine et le règlement pacifique des différends.

Le litige portait sur l'île de Mbanié, d'une superficie d'une trentaine d'hectares, ainsi que sur les îlots de Cocotiers et Conga. Bien que pratiquement inhabités, ces territoires présentent un intérêt stratégique majeur en raison de leur position dans une zone maritime susceptible de receler d'importantes réserves de pétrole et de gaz, ainsi que des droits maritimes qui y sont associés.

Dans son arrêt rendu en mai 2025, la Cour internationale de Justice avait conclu que la souveraineté sur ces îles revenait à la Guinée équatoriale, héritière des droits administrés par l'Espagne au moment de son indépendance en 1968.

La Cour avait également écarté les arguments avancés par le Gabon, fondés sur la convention de Bata de 1974, estimant que ce document ne constituait pas un titre juridique transférant la souveraineté sur les territoires contestés.

Le différend territorial opposait Libreville et Malabo depuis plusieurs décennies et avait alimenté des tensions récurrentes entre les deux pays, notamment en raison des perspectives d'exploitation des ressources énergétiques dans les eaux entourant les îles concernées.

La signature de cet accord marque une nouvelle étape dans les relations bilatérales entre le Gabon et la Guinée équatoriale. Elle illustre également le recours croissant des États africains aux mécanismes de règlement pacifique des différends prévus par le droit international, avec l'appui de l'Union africaine, dans le but de renforcer la stabilité régionale et la coopération entre pays voisins.

Un contentieux vieux de plus d'un demi-siècle

L'origine du différend remonte à 1900, lorsque la France et l'Espagne signent à Paris une convention délimitant leurs possessions coloniales en Afrique centrale, sans mentionner explicitement les îlots de Mbanié, Cocotier et Conga, une imprécision qui sera au cœur du litige.

À l'indépendance de la Guinée équatoriale en 1968, la souveraineté sur ces territoires lui est transférée. Mais en août 1972, l'armée gabonaise envahit et prend le contrôle de Mbanié, le président Omar Bongo y plantant lui-même le drapeau national.

Deux ans plus tard, une convention bilatérale signée à Bata en 1974 attribuerait l'île au Gabon selon Libreville un texte dont l'existence même sera ensuite contestée par Malabo, qui n'en verra jamais que des photocopies produites par le Gabon.

Le dossier reste dormant jusqu'aux années 2000, lorsque la découverte de possibles réserves d'hydrocarbures dans la zone ravive les tensions entre les deux pays, tous deux d'importants producteurs pétroliers.

Après treize ans de médiation de l'ONU (2003-2016), les deux chefs d'État signent en novembre 2016 un compromis reconnaissant la compétence de la Cour internationale de Justice, entré en vigueur en 2020.

Le 19 mai 2025, la CIJ tranche à une large majorité en faveur de la Guinée équatoriale, jugeant invalide la convention de Bata et attribuant à Malabo la souveraineté sur Mbanié, Cocotiers et Conga.

SOURCE DE L'INFORMATION:AA