Décisions arbitrales, interventions de la VAR, tirage au sort: le parcours laborieux de l'Argentine jusqu'aux demi-finales de la Coupe du monde s'accompagne d'une kyrielle de théories du complot qui fleurissent sur les réseaux sociaux.
À grands renforts de montages vidéo et de mèmes générés par l'intelligence artificielle, ces internautes entendent démontrer un prétendu favoritisme de la Fifa et de son président, Gianni Infantino, pour la bande à Lionel Messi.
Des raisonnements qui s'appuient notamment sur trois faits de match et sur l'identité des adversaires croisés par l'Albiceleste: Messi échappe à un carton rouge.
Le 16 juin à Kansas City, l'Argentine dispute son premier match de poules face à l'Algérie. À la 30e minute, alors que les Sud-Américains mènent 1-0, Lionel Messi se rend coupable d'une vilaine semelle par derrière sur le mollet droit et le tendon d'Achille du capitaine algérien Aissa Mandi.
L'arbitre polonais Szymon Marciniak siffle un coup franc pour l'Algérie mais Messi, auteur ce soir-là d'un triplé, s'en sort sans autre sanction. Plusieurs consultants pourtant sont catégoriques: ce geste dangereux, c'est carton rouge direct.
"Si on prend le règlement au pied de la lettre, c'est rouge. Si j'avais vu une pareille chose sur un terrain, j'aurais sorti le carton rouge", dit l'ancien arbitre de Bundesliga Patrick Ittrich.
L'Égypte crie à l'injustice
En huitièmes de finale, le 7 juillet à Atlanta, l'Argentine est opposée à l'Égypte. Messi et ses coéquipiers sont menés 2-0 depuis la 67e minute quand Romero réduit le score à la 79e. Messi (83e) puis Fernández (90e+2) qualifient l'Albiceleste pour les quarts. Mais plusieurs décisions de l'arbitre français François Letexier rendent les joueurs égyptiens et leur sélectionneur, Hossam Hassan, fous de rage. Une action en particulier: l'annulation après intervention de la VAR d'un but inscrit en début de deuxième mi-temps par Mostafa Zico en raison d'une faute commise au départ de l'action, à l'autre bout du terrain. "Peut-être voulaient-ils maintenir le champion du monde dans la compétition ? Peut-être voulaient-ils que Messi reste en lice ?", s'emporte le coach égyptien sur beIN Sports.
Deux jours plus tard, Pierluigi Collina, directeur de l'arbitrage à la Fifa, rejette les "accusations infondées" des Égyptiens et défend "l'intégrité" du corps arbitral engagé dans le Mondial-2026…
L'intervention de la VAR contre la Suisse Fallait-il expulser Breel Embolo à la 70e minute du quart de finale entre la Suisse et l'Argentine, samedi dernier ? Les Helvètes viennent d'égaliser quand l'attaquant du Stade Rennais, à la lutte avec l'Argentin Leandro Paredes, se retrouve au sol le long de la ligne de touche. Dans un premier temps, l'arbitre João Pinheiro donne un carton jaune à Paredes.
Mais les arbitres chargés de la VAR interviennent en invoquant une nouvelle règle de la Fifa, "l'erreur d'identité": Paredes n'a pas touché Embolo, c'est le Suisse qui a simulé une faute. Carton jaune. Et comme l'attaquant avait déjà écopé d'un avertissement en première mi-temps, il a été exclu du terrain, laissant ses coéquipiers à dix. Au bout de la prolongation, l'Argentine se qualifie 3-1. Murat Yakin, le sélectionneur suisse, n'en veut pas à la VAR, mais à la décision initiale de l'arbitre d'avoir averti Paredes.
"Il n'y avait aucune raison de donner ce carton jaune, je ne comprends pas, c'était une situation inoffensive", dit-il en conférence de presse… Un tirage au sort avantageux ? Avant de croiser l'Angleterre mercredi en demi-finale à Atlanta, les champions du monde en titre sont sortis en tête d'un groupe où évoluaient aussi l'Algérie, la Jordanie et l'Autriche.
Ils ont ensuite éliminé le Cap-Vert, l'Égypte et la Suisse, la sélection la mieux placée au classement de la Fifa qu'ils aient eue à affronter (19e avant le Mondial, l'équipe de la confédération pointe désormais au 14e rang).
A titre de comparaison, l'Espagne a dû se défaire elle du Portugal (5e nation mondiale au coup d'envoi du tournoi planétaire) et de la Belgique (9e mondial).


















