Ouverture du 39e sommet de l'Union Africaine dans un contexte difficile

Les dirigeants africains se réunissent alors que l'ombre du président américain Donald Trump et des politiques radicales de son administration plane largement.

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Siège de la Commission de l'Union africaine (CUA) à Addis-Abeba, Éthiopie. / Reuters

Les dirigeants africains cherchent des réponses à des questions difficiles alors qu'ils se réunissent dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, pour la 39e session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement, qui se tient à Addis-Abeba du 14 au 15 février 2026.

Ce sommet au siège de l'Union africaine intervient à un moment difficile pour le continent et ses dirigeants.

Avant les discussions des chefs d'État et de gouvernement, leurs ministres des Affaires étrangères avaient tenu des pourparlers sur diverses questions, notamment la sécurité, l'économie et la diplomatie.

Alors que les dirigeants africains se réunissent, l'ombre du président américain Donald Trump et des politiques radicales de son administration plane largement.

Celles-ci incluent une répression de l'immigration, des réductions de l'aide étrangère et une implication américaine préoccupante dans des dossiers à travers l'Afrique.

L'interdiction de voyage de Trump

Vingt-six pays africains, soit environ la moitié du continent, sont soumis à une interdiction totale ou partielle d'entrée décidée par Trump, entrée en vigueur en janvier.

De même, la suppression par son administration de l'aide étrangère destinée à l'humanitaire et aux services de santé a frappé les pays africains.

Elle remplace désormais des programmes de santé précédemment mis en œuvre par l'USAID par de nouveaux accords transactionnels de plusieurs milliards de dollars avec des pays pris individuellement, certains donnant aux États-Unis un meilleur accès aux minerais critiques en Afrique.

L'administration Trump a également imposé des droits de douane élevés à de nombreux pays africains, dans le cadre de sa politique économique globale, et s'est trouvée au cœur d'un différend diplomatique avec le Nigeria et l'Afrique du Sud, les principales économies du continent, sur des questions de politique étrangère et de sécurité intérieure.

Ces deux puissances africaines tentent désormais de gérer des relations délicates avec les États-Unis.

Conflits dévastateurs

Au-delà de l'effet Trump, les dirigeants africains réunis en Éthiopie cherchent aussi des solutions aux conflits dévastateurs qui frappent le continent, notamment en RDC et au Soudan.

Le président de la Commission de l'Union africaine, Mohamoud Ali Youssef, a salué un mécanisme de cessez-le-feu récent entre le gouvernement de la RDC et le groupe rebelle M23 comme «une mesure importante de renforcement de la confiance» et s'est dit optimiste quant à la résolution du conflit au Soudan.

L'Union Africaine a également demandé l'annulation de la reconnaissance unilatérale récente par Israël de la région sécessionniste du Somaliland en Somalie, la qualifiant de violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Somalie.

Un autre dossier majeur à l'ordre du jour des dirigeants est le changement climatique — que l'ONU dit toucher l'Afrique de façon disproportionnée, alors que le continent n'est responsable qu'environ de 3 % du problème.