| Français
AFRIQUE
4 min de lecture
Ce qu’il faut savoir sur la nouvelle flambée d’Ebola qui a déjà fait 80 morts en RDC
L’une des principales inquiétudes de l’Africa CDC concerne la proximité des zones touchées avec l’Ouganda et le Soudan du Sud.
Ce qu’il faut savoir sur la nouvelle flambée d’Ebola qui a déjà fait 80 morts en RDC
Les premières flambées sont apparues dans des villages reculés d’Afrique centrale, à proximité des forêts tropicales. / AP

La principale agence de santé publique africaine a confirmé une nouvelle flambée d’Ebola dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo.

Quatre-vingts (80) personnes sont décédées des suites de cette nouvelle épidémie, a annoncé vendredi soir le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba Mulamba.

Au total, 246 cas suspects ont déjà été enregistrés dans cette nouvelle épidémie, avait indiqué plus tôt dans la journé le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) dans son communiqué faisant état de 65 décès.

Voici ce qu’il faut savoir sur cette crise sanitaire :

L’épidémie touche une zone reculée de la RDC

Les cas suspects d’Ebola ont principalement été recensés dans les zones de santé de Mongwalu et Rwampara, en Ituri. Des cas suspects ont également été signalés à Bunia, la capitale provinciale.

Pour l’instant, seuls quatre décès ont été confirmés en laboratoire, mais la nouvelle flambée a été déclarée après la multiplication des cas suspects.

RELATEDTRT Afrika - La CDC Afrique déclare l'épidémie d'Ebola dans l'est de la RDC

L’Ituri se situe dans une région reculée de l’est de la RDC, caractérisée par de mauvaises infrastructures routières et située à plus de 1 000 kilomètres de Kinshasa, la capitale du pays.

Les autorités craignent une propagation de l’épidémie

L’une des principales inquiétudes de l’Africa CDC concerne la proximité des zones touchées avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. Bunia, principale ville de l’Ituri, se trouve près de la frontière ougandaise.

L’agence souligne également le risque d’une propagation accrue en raison des importants mouvements de population, des déplacements liés aux activités minières ainsi que de l’insécurité persistante dans les zones affectées. Des attaques de groupes armés ont fait des dizaines de morts et déplacé des milliers de personnes dans certaines parties de l’Ituri au cours de l’année écoulée.

L’Africa CDC évoque aussi des lacunes dans l’identification des cas contacts, alors que les autorités locales tentent de retrouver les personnes susceptibles d’avoir été exposées au virus.

Des efforts urgents pour contenir l’épidémie

L’Africa CDC affirme travailler déjà avec les autorités nationales et plusieurs partenaires afin de soutenir une « réponse rapide et coordonnée ».

L’organisation a convoqué vendredi une réunion de coordination d’urgence de haut niveau avec les autorités sanitaires de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, ainsi qu’avec des partenaires clés, dont des agences des Nations unies et d’autres pays.

Selon l’agence, cette réunion porte notamment sur les priorités immédiates de la riposte, la coordination transfrontalière, la surveillance sanitaire, les enterrements sécurisés et dignes ainsi que la mobilisation des ressources.

Ebola dispose d’un vaccin, mais des défis logistiques persistent

La RDC est le deuxième plus grand pays d’Afrique par sa superficie et fait souvent face à d’importants défis logistiques lors des réponses aux épidémies, notamment à cause du mauvais état des routes et des longues distances.

Lors de l’épidémie de l’an dernier, qui avait duré trois mois, l’Organisation mondiale de la santé avait rencontré d’importantes difficultés pour acheminer les vaccins, lesquels n’étaient arrivés qu’une semaine après la confirmation de l’épidémie.

Le financement constitue également un problème majeur. L’an dernier, des responsables sanitaires s’étaient inquiétés de l’impact des récentes réductions de financements américains.

Il s’agit de la 17e flambée d’Ebola en RDC

Cette nouvelle épidémie est la 17e enregistrée en RDC depuis l’apparition du virus dans le pays en 1976.

Elle survient environ cinq mois après la fin de la précédente flambée, déclarée terminée en décembre dernier après 43 décès. Avant cela, la dernière épidémie, dans la province de l’Équateur en 2022, avait fait six morts.

L’épidémie qui avait frappé l’est de la RDC entre 2018 et 2020 avait causé plus de 1 000 décès, soit le deuxième bilan le plus lourd après la flambée de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest — en Guinée, Sierra Leone et Liberia — qui avait fait plus de 11 000 morts.

Comment Ebola se transmet

Le virus Ebola est hautement contagieux et peut être transmis à l’être humain par des animaux sauvages. Il se propage ensuite parmi les populations humaines par contact avec des fluides corporels comme les vomissements, le sang ou le sperme, ainsi qu’avec des surfaces et objets contaminés tels que les draps ou les vêtements.

La maladie provoquée par ce virus est rare mais grave, et souvent mortelle chez l’être humain. Les symptômes incluent la fièvre, les vomissements, la diarrhée, des douleurs musculaires et parfois des hémorragies internes et externes.

Le virus a été découvert pour la première fois en 1976 près de la rivière Ebola, dans l’actuelle RDC. Les premières flambées sont apparues dans des villages reculés d’Afrique centrale, à proximité des forêts tropicales.

SOURCE DE L'INFORMATION:AP