Les États-Unis vont imposer des restrictions de visa à plusieurs hauts responsables rwandais accusés d’alimenter l’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé vendredi le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine accuse ces responsables de "soutenir le groupe armé M23" et de "violer les Accords de Washington", contribuant ainsi à la poursuite des violences et à la déstabilisation de l’ensemble de la région des Grands Lacs.
"En continuant à soutenir le M23 et en violant les Accords de Washington, ces individus alimentent la violence et sapent la stabilité de toute la région", a déclaré Marco Rubio.
Le Rwanda a toujours nié ces allégations.
Washington appelle par ailleurs toutes les parties signataires de ces accords à respecter pleinement leurs engagements.
Les autorités américaines attendent notamment de la RDC qu’elle procède "immédiatement à la neutralisation du groupe armé FDLR et des groupes associés", tandis que le Rwanda est invité à "retirer ses troupes et son matériel militaire du territoire congolais".
Selon le département d’État, la mise en œuvre de ces engagements constitue une condition essentielle pour permettre à la région des Grands Lacs de tirer pleinement profit de son potentiel économique.
Les États-Unis préviennent également que toute personne jugée responsable, complice ou impliquée, directement ou indirectement, dans des actions compromettant un processus de paix durable dans la région pourrait faire l’objet de sanctions similaires.
Ces restrictions de visa sont prises en vertu de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité, qui autorise le secrétaire d’État à refuser l’entrée sur le territoire américain à toute personne dont la présence pourrait avoir "des conséquences négatives sérieuses pour la politique étrangère des États-Unis".
Certaines restrictions pourraient également s’appliquer aux membres de famille des personnes visées, précise le communiqué.
Le 2 mars, les États-Unis avaient déjà annoncé des sanctions contre l'armée rwandaise et 4 de ses hauts responsables pour le soutien au groupe rebelle M23 dans l'est de la RDC en proie aux violences, malgré un accord de paix signé en décembre sous l'égide de Donald Trump entre Congolais et Rwandais.
Le gouvernement rwandais n’avait pas encore réagi samedi à cette décision américaine.
Kigali avait déjà dénoncé une décision "injuste" de Washington, l'accusant de partialité.














