Des manifestants se sont rassemblés vendredi devant le tribunal judiciaire de Paris, porte de Clichy, dans l’attente du verdict concernant Téba, une étudiante de l’université Paris 1 poursuivie après des échanges survenus dans un groupe de discussion étudiant à la rentrée universitaire 2025.
Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu l’étudiante coupable de « provocation non publique à la discrimination, à la haine ou à la violence » et de harcèlement scolaire. Elle a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis, à une amende de 800 euros, à plus de 8000 euros de dommages aux parties civiles, ainsi qu’à un stage obligatoire au Mémorial de la Shoah.
L’affaire porte sur l’exclusion de plusieurs étudiantes d’un groupe Instagram de promotion créé par Téba à l’université Paris 1, ainsi que sur un message mentionnant des « sionistes » accompagné d’un drapeau palestinien. Durant l’audience, l’étudiante avait contesté toute motivation antisémite, expliquant avoir réagi après avoir constaté que certaines étudiantes suivaient des comptes pro-israéliens qu’elle considérait comme radicaux.
La procédure avait suscité une forte mobilisation d’organisations étudiantes et pro-palestiniennes, qui dénoncent une criminalisation croissante des soutiens à la Palestine en France.
« On apporte notre soutien à Téba comme à tous les réprimés pour leur soutien à la Palestine », a déclaré Maëlle, militante de la Fédération syndicale étudiante (FSE), interrogée par Anadolu après le verdict.
« Ce n’est pas la première, ce n’est pas la dernière qui sera condamnée pour son soutien à la Palestine », a-t-elle poursuivi, estimant qu’« il est primordial qu’on fasse tous un front commun, un front uni face à la répression avec l’ensemble des organisations pro-palestiniennes ».
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La militante a affirmé que les soutiens de l’étudiante continueraient à l’accompagner après cette décision de justice. « Téba, on ne va pas la laisser seule face à son jugement », a-t-elle déclaré, rappelant que plusieurs rassemblements avaient été organisés depuis le début de l’affaire.
Avant l’annonce du jugement, Olivia Zémor, présidente d’EuroPalestine, avait également participé au rassemblement organisé devant le tribunal judiciaire de Paris.
« Il y a un nouveau rassemblement pour l’étudiante de la Sorbonne, Téba, qui a été poursuivie en justice pour apologie de terrorisme alors qu’elle n’a absolument rien fait », a-t-elle déclaré.
Olivia Zémor estimait que le report du délibéré, initialement attendu en mai, pouvait traduire selon elle un manque d’éléments à charge. « Peut-être parce que le procureur ou les juges manquaient de suffisamment d’arguments pour la condamner », a-t-elle affirmé.
La présidente d’EuroPalestine a également dénoncé ce qu’elle considère comme une répression croissante des mobilisations étudiantes et militantes pro-palestiniennes.
« Les institutions universitaires, que ce soit la Sorbonne, Sciences Po ou d’autres , sont aux ordres du pouvoir », a-t-elle déclaré, accusant les autorités de « réprimer tous les soutiens à la Palestine ».
Elle a aussi évoqué d’autres poursuites judiciaires visant des militants engagés pour la cause palestinienne, citant notamment le syndicaliste et militant Anasse Kazib, convoqué devant la justice le 25 juin.
« Il y a tellement de gens qui sont poursuivis pour cette histoire d’apologie de terrorisme qui ne tient pas la route », a-t-elle déclaré, estimant qu’une loi antiterroriste adoptée en 2014 était aujourd’hui utilisée contre des militants politiques et associatifs.
Olivia Zémor, elle-même poursuivie en justice dans une autre affaire liée à son soutien à la Palestine, a affirmé que ces procédures judiciaires ne décourageaient pas les mobilisations.
« Je crois qu’au contraire, il y a de plus en plus de gens qui sont en colère et qui perdent leurs illusions sur le fait de pouvoir trouver des recours sur le plan judiciaire lorsqu’on est réprimé », a-t-elle conclu.
L’affaire Téba intervient dans un contexte de multiplication des convocations policières, procédures judiciaires et sanctions administratives visant des étudiants, syndicalistes, militants et responsables associatifs engagés en faveur de la Palestine depuis le début de la guerre à Gaza. Les organisations de soutien dénoncent une instrumentalisation des accusations d’apologie du terrorisme ou d’antisémitisme contre des militants pro-palestiniens, tandis que les autorités françaises affirment lutter contre les discours de haine et les actes antisémites.
L’étudiante avait également elle-même déposé plainte après la diffusion de son identité et de sa photographie sur des comptes pro-israéliens, ce qui avait entraîné une vague de harcèlement et des menaces de mort à son encontre, selon les éléments évoqués durant l’audience.















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