Mayotte : le gouvernement des Comores dénonce un renforcement militaire français
Le gouvernement comorien a exprimé, samedi, son opposition à l'annonce d'un renforcement militaire français à Mayotte, dénonçant une décision "inappropriée" qui pourrait "exacerber les tensions" autour de l’archipel.
Cette prise de position intervient après les déclarations du ministre français des Outre-mer, Manuel Valls, évoquant un "soutien" accru à la base navale de Dzaoudzi, ainsi qu'un "soutien des bâtiments de la Marine nationale", dans le cadre de la prochaine loi de programmation pour la refondation de Mayotte.
Mercredi, interrogé par la Commission de la Défense lors d’une audition à l’Assemblée nationale française, Valls a confirmé qu’un soutien accru serait apporté aux infrastructures militaires de Mayotte.
Réagissant à cette annonce, le ministre de l’Intérieur comorien, Fakridine Mahamoud, a dénoncé, samedi dans un communiqué, une approche contre-productive, expliquant : "Décider de militariser à outrance Mayotte n’est pas la réponse appropriée".
Selon lui, cette initiative française "va à contresens de l’histoire de notre continent, l’Afrique, et risque d’exacerber les tensions déjà élevées dans l’île".
Les Comores revendiquent depuis longtemps la souveraineté sur Mayotte, devenue officiellement le 101e département français en 2011.
Selon des chiffres publiés sur le site de la préfecture de Mayotte, le détachement de Légion étrangère de Mayotte (DLEM) compte environ 300 hommes. La Marine nationale française y disposait de plusieurs navires, bien que le cyclone Chido ait endommagé certains équipements en décembre dernier.