| Français
AFRIQUE
3 min de lecture
RD Congo: l'ex-diplomate belge Davignon meurt avant son procès pour l'assassinat de Lumumba
Étienne Davignon, 93 ans, a été renvoyé en procès en mars pour son rôle dans l'assassinat de Patrice Lumumba dans l'ancienne colonie belge.
RD Congo: l'ex-diplomate belge Davignon meurt avant son procès pour l'assassinat de Lumumba
Davignon, alors jeune diplomate, avait participé à la détention ou au transfert illégal de Lumumba et l’avait privé de son droit à un procès équitable / TRT Afrika Français

L’ancien diplomate belge de 93 ans, qui était devenu cette année la première personne mise en examen dans l’assassinat tragique du leader indépendantiste congolais Patrice Lumumba en 1961, est décédé lundi avant d’avoir pu être jugé.

Le décès d’Étienne Davignon, aristocrate et ancien commissaire européen qui a figuré pendant des décennies parmi les principaux diplomates et industriels belges, a été confirmé par l’Institut Jacques Delors, dont il siégeait au conseil d’administration.

Davignon avait été renvoyé devant la justice pour crimes de guerre, au titre de son implication présumée dans le meurtre de Lumumba il y a 65 ans, dans le cadre d’une dernière tentative visant à faire la lumière sur l’un des assassinats politiques les plus lourds de conséquences du XXe siècle.

Lumumba, devenu Premier ministre du pays aujourd’hui appelé République démocratique du Congo lors de l’indépendance vis‑à‑vis de la Belgique en 1960, avait été écarté quelques mois plus tard puis tué par des rebelles sécessionnistes, soutenus par la Belgique, le 16 janvier 1961.

Ce meurtre reste un chapitre sombre de l’histoire coloniale belge et a marqué un tournant décisif dans les luttes de libération à travers l’Afrique.

Le parquet soutenait que Davignon, alors jeune diplomate, avait participé à la détention ou au transfert illégal de Lumumba et l’avait privé de son droit à un procès équitable.

Il était aussi mis en cause dans l’implication présumée dans les meurtres de deux proches collaborateurs de Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph Okito. Davignon a toujours nié toute malversation et, au moment de son décès, attendait l’issue d’un appel contre son renvoi en jugement.

Davignon était le dernier des mis en cause encore en vie visés par une enquête ouverte il y a près de quinze ans. Le tribunal avait décidé de clore les poursuites à l’égard des autres suspects après leur décès.

La famille Lumumba a déclaré que la décision du procureur et du tribunal, estimant que l’affaire méritait un procès, demeure acquise, ajoutant : « La disparition du dernier accusé vivant ne referme pas le dossier historique. »

Leurs avocats ont indiqué dans un communiqué qu’ils préparaient d’autres démarches judiciaires, notamment une action civile contre l’État belge.

Après sa mission au Congo, Davignon s’est imposé comme une figure de l’establishment belge: il a été chef de cabinet du Premier ministre Paul‑Henri Spaak à la fin des années 1960, puis commissaire européen de 1977 à 1985. Il a siégé à de nombreux conseils d’administration d’entreprises belges et étrangères.

Né vicomte, il avait été élevé au titre de comte par le roi Philippe en 2018.

SOURCE DE L'INFORMATION:TRT Afrika and agencies