L'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo progresse plus rapidement que les efforts pour la contenir, a averti l'organisation Médecins Sans Frontières (MSF), ajoutant que l'ampleur et la gravité de l'épidémie restent incertaines en raison d'importantes lacunes en matière de tests et de logistique.
Dans une déclaration publiée lors de la visite à Bunia du directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, MSF a déclaré que la situation dans la province de l'Ituri est « profondément alarmante » et différente des précédentes épidémies en raison de l'augmentation rapide des cas immédiatement après l'annonce de l'épidémie.
« Jamais auparavant une flambée d'Ebola n'a enregistré autant de cas aussi rapidement après son annonce », a annoncé le Dr Alan Gonzalez, directeur adjoint des opérations de MSF.
MSF a indiqué que des centaines d'échantillons suspects restent encore non testés, tandis que les restrictions aux frontières et dans les aéroports retardent l'arrivée des fournitures médicales essentielles et du personnel spécialisé nécessaire pour renforcer la réponse à la crise.
« La réalité aujourd'hui est que personne ne connaît l'ampleur et la gravité réelles de cette flambée », a ajouté Gonzalez.

L'organisation a souligné que la flambée implique le variant Bundibugyo d'Ebola, pour lequel il n'existe pas de vaccins approuvés ni de traitements spécifiques, ce qui complique davantage les efforts pour la maîtriser.
MSF a également averti que les structures de santé, surchargées, ont des difficultés à assurer les soins routiniers, augmentant le risque de conséquences sanitaires plus larges au-delà de l'Ebola.
L'organisation a lancé un appel pour un élargissement urgent des capacités de dépistage, un déploiement plus rapide des ressources humanitaires et une meilleure coordination de l'aide internationale.
Elle a insisté sur le fait que l'implication des communautés est essentielle pour gagner la confiance de la population et inciter les gens à chercher un traitement.
« La réponse ne peut pas réussir si elle est imposée aux communautés, plutôt que construite avec elles », s’est inquiété MSF.
Selon les dernières données de l'OMS, au moins 134 cas confirmés d'Ebola ont été signalés dans la flambée actuelle en RDC et en Ouganda.
Les autorités sanitaires congolaises ont annoné que de nouveaux cas suspects continuent d'être enregistrés, tandis que le nombre cumulatif de cas signalés depuis l'annonce de la flambée a dépassé 1 000.
Parmi les cas confirmés, neuf ont été enregistrés en Ouganda, tandis que le nombre de décès dus à l'Ebola s'élève à 18 parmi les cas confirmés dans les deux pays.














