JOJ 2026 et CAN de football : comment "doper" l'économie du sport en Afrique ?
Dans son ouvrage, Sohoundé tire des enseignements de la CAN de football notamment pour rélever le potentiel des JOJ au Sénégal. / TRT Afrika Français
JOJ 2026 et CAN de football : comment "doper" l'économie du sport en Afrique ?
Frédéric Sohoundé, journaliste béninois, recense les défis à relever pour faire des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar, prévus du 31 octobre au 13 novembre, un héritage durable pour le continent africain.

Au nombre des personnalités qui souhaitent une franche réussite des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, on peut citer, à juste titre, Frédéric Sohoundé.

Le journaliste béninois basé à Dakar a rédigé un ouvrage qui ouvre d'une part une réflexion globale sur la réussite de ces jeux d'autre part sur les méthodes à développer pour rendre prospère l'économie du sport sur le continent africain.

"Défis africains : du cyclisme à la CAN, cap sur Dakar 2026" revient sur plusieurs problématiques liées au développement du sport sur le continent, notamment sur la construction d'infrastructures, sur la formation des sportifs et des professionnels impliqués dans ce type d'événements.

Frédéric Sohoundé y dissèque aussi la question de la gestion des ressources humaines et financières, ou encore la gestion de patrimoine matériel et immatériel associé.

Dans les derniers chapitres de l’ouvrage, Frédéric Sohoundé analyse les principaux défis liés à l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre dans les trois pôles de compétition de Dakar, Diamniadio et Saly.

Il s’intéresse particulièrement aux infrastructures sportives, au transport, à l’hébergement, au financement, à la communication et à la coordination entre les différents acteurs impliqués dans la préparation de l’événement.

L’auteur insiste sur la nécessité de penser Dakar 2026 au-delà des seules semaines de compétition.

Créer un héritage durable pour le sport africain

Pour lui, les infrastructures réhabilitées ou construites, les compétences acquises par les équipes d’organisation, les dispositifs de transport et les outils de communication doivent constituer un héritage durable pour le Sénégal et pour le sport africain.

"Les sites de Dakar, Diamniadio et Saly devront répondre aux exigences d’une compétition internationale, tout en restant utiles aux fédérations, aux clubs et aux jeunes sportifs après les Jeux. L’enjeu est donc de garantir la qualité des installations, leur entretien et leur accessibilité au plus grand nombre", précise l’auteur.

La dispersion des sites de compétition impose une organisation précise des déplacements des athlètes, des délégations, des officiels, des médias et des spectateurs.

L’auteur souligne l’importance d’un dispositif coordonné, capable de limiter les retards et de faciliter la circulation entre les différents pôles.

Sur le plan financier, Frédéric Sohoundé appelle à une utilisation rigoureuse des ressources et à une meilleure implication des partenaires publics et privés.

Il estime que les investissements consentis pour Dakar 2026 doivent être accompagnés d’une stratégie d’héritage, afin que les équipements, les formations et les partenariats continuent de bénéficier au sport sénégalais après la fin des Jeux.

La communication constitue un autre axe essentiel de son analyse.

L’auteur rappelle qu’un grand événement sportif ne peut réussir sans l’adhésion des populations.

La mobilisation des jeunes, l’information du public, la valorisation des athlètes africains et l’utilisation des médias traditionnels et numériques doivent permettre de créer un véritable intérêt autour de Dakar 2026.

Les championnats du monde de cyclisme à Kigali

Pour étayer sa réflexion, Frédéric Sohoundé revient également sur plusieurs expériences sportives africaines, notamment les Championnats du monde de cyclisme sur route organisés à Kigali, au Rwanda, en 2025.

Cette compétition a marqué une première historique pour le continent africain. La compétition a réuni des coureurs de plus de 100 pays, avec 36 nations africaines représentées. Le parcours de l’épreuve masculine élite s’étendait sur 267,5 kilomètres, avec un dénivelé positif de près de 5 475 mètres, illustrant les exigences sportives et logistiques de l’événement.

L’organisation de Kigali 2025 a également permis de mettre en évidence l’importance de la préparation des routes, de la gestion des flux, de l’accueil des délégations, de la production télévisuelle et de la mobilisation du public.

La compétition a été diffusée dans 124 pays et a touché plus de 330 millions de téléspectateurs, selon les organisateurs. Ces chiffres illustrent le rôle de la communication et de la diffusion internationale dans le rayonnement d’un événement sportif africain.

L’expérience rwandaise montre aussi que l’organisation d’un championnat mondial peut servir de cadre de formation pour les compétences locales.

À Kigali, des techniciens et des professionnels rwandais ont été associés à la production audiovisuelle et à la gestion de l’événement.

Cette transmission de savoir-faire constitue l’un des héritages les plus importants pour les futures compétitions organisées sur le continent.

Les éditions de la CAN de football

L’auteur évoque par ailleurs les enseignements tirés des différentes Coupes d’Afrique des nations.

Ces compétitions ont montré l’importance de la qualité des stades, de la mobilité des équipes, de l’hébergement, de la sécurité, de la billetterie, de l’accueil du public et de la couverture médiatique.

Elles ont également mis en évidence la nécessité d’une coordination permanente entre les fédérations, les comités d’organisation, les autorités publiques, les médias et les partenaires privés.

À travers ces exemples, Frédéric Sohoundé souligne que la réussite d’une compétition ne dépend pas uniquement du niveau des infrastructures. Elle repose aussi sur la capacité des organisateurs à anticiper les difficultés, à partager les responsabilités, à communiquer efficacement et à assurer un suivi régulier des opérations.

Les JOJ peuvent enrichir le patrimoine matériel et immatériel

Les événements sportifs peuvent contribuer au développement des infrastructures, à la promotion touristique, à la création d’emplois, à la formation des jeunes professionnels et au renforcement de l’image internationale d’un pays.

Cependant, ces expériences rappellent également que les investissements doivent s’inscrire dans la durée.

La construction d’un stade ou l’organisation d’une compétition ne suffisent pas.

Il faut prévoir l’entretien des équipements, la formation continue des encadreurs, l’accompagnement des jeunes athlètes et l’utilisation régulière des installations après l’événement.

Dans cette perspective, Dakar 2026 apparaît comme une occasion de renforcer les capacités du Sénégal et de l’Afrique à organiser de grandes compétitions.

Pour Frédéric Sohoundé, la réussite des premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse organisés sur le continent devra être évaluée non seulement à travers les résultats sportifs, mais aussi à travers le patrimoine matériel et immatériel.