À l'approche du jour du Souvenir en Israël, les manifestations contre le gouvernement ont de nouveau intensifié.
Dans des rassemblements organisés dans de nombreuses villes samedi soir, et surtout à Tel‑Aviv, des milliers de personnes ont protesté contre le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou, lui reprochant sa négligence lors de l'attaque du 7 octobre et la ligne politique adoptée par la suite.
La foule s'est réunie sur la place Habima à Tel‑Aviv et a réclamé la création d'une commission d'enquête indépendante au niveau national sur les événements du 7 octobre.
La manifestation était organisée par le Conseil du 7 octobre, composé de familles ayant perdu un proche.
Les discours tenus sur la place ont souligné que le gouvernement éludait ses responsabilités et cherchait à effacer la mémoire collective.
Eyal Eshel, qui a perdu sa fille Roni le 7 octobre, s'est adressé directement aux responsables gouvernementaux dans son discours en demandant : « Pourquoi êtes‑vous encore là alors qu'elle ne l'est pas ? »
Eshel a affirmé que la mort de sa fille n'était pas due à un manque d'informations, mais à un manque d'attention aux avertissements. La foule a fréquemment lancé des cris hostiles à l'encontre de Netanyahou pendant son allocution.
Parmi les intervenants figurait Ofri Bibas, sœur de Yarden Bibas, ancien otage.
En décrivant l'expérience de sa famille, Bibas a déclaré que le gouvernement cherchait à couvrir ses échecs et que les responsables des événements du 7 octobre devaient être tenus pour responsables.
Durant son discours, les manifestants ont continué à exprimer leur colère envers le gouvernement par des slogans.
Lors du rassemblement, parmi les orateurs se trouvaient des personnes ayant perdu un proche le 7 octobre, des familles de soldats tués dans le conflit, des habitants des implantations proches de la frontière avec Gaza et des civils touchés par les attaques.
Le thème commun aux discours était que l'État avait failli à la protection de ses citoyens et que la direction politique n'avait pas assumé la responsabilité de cette grave situation.

Les protestations ne se sont pas limitées à Tel‑Aviv.
Plus d'un millier de personnes ont participé à des manifestations à Haïfa, tandis que des centaines de manifestants à Jérusalem ont appelé au soutien des actions devant la résidence de Netanyahou.
Des rassemblements de moindre ampleur ont également eu lieu à Beer‑Sheva et en plusieurs points du nord du pays.
La police a indiqué qu'une personne avait été arrêtée à Jérusalem pour avoir allumé une torche.
Ces manifestations ont constitué les premières mobilisations de masse organisées après la levée des restrictions de rassemblement suite à la déclaration du cessez‑le‑feu.
Des groupes de protestation ont poursuivi leurs appels à d'autres rassemblements devant la résidence de Netanyahou et devant celle du président de la Knesset, Amir Ohana.
Cette vague de manifestations en Israël à l'approche du jour du Souvenir a de nouveau mis en évidence que le traumatisme social provoqué par le 7 octobre et la colère dirigée contre le gouvernement restent très vifs.











