Les jeunes hommes torse nu sont sortis d’une cérémonie forestière dans le nord du Togo en entonnant des chants de guerre, prêts pour la tradition d’initiation appelée « Evala », au cours de laquelle ils s’affrontent à la lutte pour devenir des hommes.
Chaque année, à la mi-juillet, des milliers d’hommes de l’ethnie Kabye, âgés de 18 à 20 ans, participent à ce rite de passage ancestral dans la région de Kara, à des centaines de kilomètres (miles) de la capitale, Lomé.
Les autorités espèrent que ce rite sera bientôt reconnu par l'UNESCO comme faisant partie du patrimoine culturel du Togo.
Avant de participer à la lutte, les « Evalo », comme on appelle ces jeunes hommes, doivent arborer trois petites cicatrices près de chaque oreille, réalisées à l'aide de lames.
Le rite suivant les oblige à danser avec un chien jusqu’à ce que celui-ci meure d’épuisement.
Ils mangent également la viande de l’animal « pour la première fois » de leur vie, a expliqué à l’AFP Achille Samah Bidiwana, chef du canton de Tchitchao.
« Le chien est un animal fort, robuste et rusé. En mangeant sa viande, l’initié acquiert ces qualités. Dans l’arène, celui qui met son adversaire au tapis est le vainqueur », a-t-il déclaré, vêtu d’un costume de cérémonie noir et blanc assorti d’un bonnet traditionnel.
Puis, la lutte commence.
Chaque lutteur observait les mouvements de son adversaire, souvent originaire d’un autre village, profitant d’un moment de faiblesse pour lui saisir rapidement un bras ou une jambe et tenter de le faire tomber.
Les affrontements étaient violents et les chutes parfois spectaculaires.
Les lutteurs blessés recevaient les premiers soins prodigués par les équipes d'urgence présentes sur place ; certains devaient même être transportés vers les hôpitaux voisins.
Autour de l'arène, chaque camp encourageait ses lutteurs.
« Tiens bon, ne lâche pas », criait un spectateur. « Serre les jambes et projette-le », hurlait un autre.
« Nous sommes de grands guerriers ! », chantaient les supporters en langue kabye.
« Nos encouragements aident les lutteurs à garder leur courage jusqu'à la fin du combat », a déclaré un autre spectateur à l'AFP.

















