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TÜRKİYE
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La Türkiye plaide pour une COP31 axée sur la sécurité de l'eau
Face à l'intensification des impacts climatiques, des experts se réunissent à Istanbul pour alerter sur le fait que les risques liés à l'eau sont responsables de 80 % des dommages climatiques, exigeant des investissements urgents du secteur privé.
La Türkiye plaide pour une COP31 axée sur la sécurité de l'eau
Les enjeux de la sécurité de l'eau en Türkiye au cœur des discussions du 5e Forum international de l'eau

Les enjeux liés à la sécurité de l'eau en Türkiye ont été au centre des échanges lors du 5e Forum international de l'eau d'Istanbul, un rendez‑vous de trois jours organisé au Palais international des congrès et des expositions Lütfi Kırdar. Responsables et experts internationaux y ont préparé le terrain en vue de la COP31, le sommet climat des Nations Unies que la capitale turque accueillera plus tard cette année.

Un panel de haut niveau intitulé « Résilience de l'eau face au changement climatique : de l'innovation à l'action mondiale (Feuille de route de la COP31) » a réuni ministres, représentants de l'ONU et spécialistes du climat pour examiner comment l'eau doit devenir un pilier des actions climatiques à l'échelle mondiale.

Les intervenants ont rappelé que la crise de l'eau est étroitement liée à la crise climatique et au développement économique, alors que la Türkiye se prépare à jouer un rôle dans l'orientation de la politique climatique internationale à l'occasion de la COP31.

La vision de la Türkiye pour la COP31

Ahmet Bagcı, vice‑ministre de l'Agriculture et des Forêts, a indiqué que la Türkiye arrive à la COP31 avec une vision claire, qui dépasse les simples négociations diplomatiques.

"La Türkiye est déterminée à mettre son expérience au service des instances internationales et à placer la transformation des systèmes d'eau, d'agriculture et d'alimentation au cœur du processus de la COP31", a affirmé Bagcı.

Halil Hasar, président de la commission Changement climatique, a insisté sur le fait que la COP31 doit marquer une étape décisive axée sur la mise en œuvre plutôt que sur la seule négociation.

"Nous attendons de la COP31 qu'elle définisse l'avenir des COP. La première décennie de l'Accord de Paris a été marquée par des engagements ambitieux; il est désormais impératif de transformer ces objectifs en actions concrètes", a déclaré Hasar.

"Nous devons écouter l'eau et planifier en conséquence."

Afire Sever, directrice générale de la Gestion de l'eau au ministère de l'Agriculture et des Forêts, a alerté sur l'intensification des sécheresses et des inondations dans la zone méditerranéenne, particulièrement vulnérable en Türkiye en raison du changement climatique.

"Nous devons être à l'écoute de l'eau et planifier en conséquence", a-t‑elle déclaré, en insistant sur la nécessité d'améliorer l'efficacité de son usage.

L'ONU et d'autres agences internationales ont également mis en avant l'urgence d'une action coordonnée. Gwi‑Yeop Son, du Bureau de la coordination des Nations Unies pour le développement en Europe et en Asie centrale, a estimé que la COP31 pouvait renforcer la diplomatie de l'eau et du climat et promouvoir des solutions régionales.

Ko Barrett, secrétaire générale adjointe de l'Organisation météorologique mondiale, a souligné la fréquence croissante des sécheresses liées au climat et leurs répercussions sur les écosystèmes et la santé publique.

"Les acteurs et les parties prenantes concernés doivent concevoir des solutions rentables basées sur des données météorologiques et climatiques fiables", a déclaré Ko Barrett.

"La Türkiye joue un rôle clé dans le programme de la COP31 sur l'eau"

Humberto Lopez, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Türkiye, a rappelé que l'eau n'est pas un enjeu unidimensionnel : il faut simultanément tenir compte de la baisse des précipitations, de la hausse des températures et d'une demande en augmentation.

Malgré la diminution des précipitations, la demande en eau devrait augmenter d'environ 40 %, a‑t‑il précisé. Les pays devront donc faire face en même temps à des épisodes de sécheresse et à des risques d'inondation, ce qui nécessitera de repenser la gestion de l'eau.

Le secteur mondial de l'eau a besoin d'environ 140 milliards de dollars d'investissements par an, mais les financements actuels sont insuffisants, a averti Lopez. Le secteur privé devra jouer un rôle plus important pour combler cet écart.

Lopez a mis en avant l'opportunité que représente le rôle d'hôte de la Türkiye pour la COP31, qualifiant l'événement de « COP de mise en œuvre » qui devrait mettre en lumière des pratiques efficaces de gestion de l'eau.

Le secteur privé, clé de l'investissement dans les infrastructures hydrauliques

Siir Kilkis, vice‑président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), a rappelé que les effets du changement climatique sur le cycle de l'eau se font de plus en plus sentir.

Les inondations peuvent à elles seules provoquer des pertes de PIB situées entre 1,5 et 1,8 % pour les pays, a indiqué Kilkis. La réduction des risques liés à l'eau pourrait améliorer les résultats d'environ 25 % à l'échelle régionale et sectorielle.

"La sécurité hydrique doit être renforcée par des systèmes décarbonés et résilients face au changement climatique", a affirmé Kilkis.

Nick Hartmann, directeur régional adjoint du Bureau Europe et Asie centrale du PNUD, a souligné que près de 80 % des impacts climatiques sont liés à l'eau.

"Le secteur privé peut jouer un rôle plus efficace dans les infrastructures hydrauliques, en contribuant potentiellement à 70 et 80 % de l'approvisionnement", a indiqué Hartmann.

Ruth Davis, envoyée spéciale pour la nature du Royaume‑Uni et titulaire de l'Ordre de l'Empire britannique, a insisté sur la place centrale de l'eau au sein des systèmes environnementaux, économiques et sociaux.

"Une bonne gestion de l'eau potable permet de gérer efficacement tous les aspects de la vie, des écosystèmes à l'économie", a‑t‑elle déclaré.

SOURCE DE L'INFORMATION:TRT Afrika