Le Nigeria interdit l'intronisation des "rois igbos" à l'étranger
L'autorité évoque une pratique inquiétante lors de cérémonies de couronnement de "rois" igbos à l'étranger, nuisant à l'image du Nigéria et à ses relations diplomatiques.
Par La Rédaction
Les membres du groupe ethnique Igbo se voient interdire d'installer leurs « rois » en dehors du Nigeria.
Cette décision fait suite à une récente polémique autour du couronnement d'un « roi igbo » en Afrique du Sud, qui a suscité l'indignation parmi les Sud-Africains.
Désormais, l'instance socio-culturelle représentative des Igbo dans le monde, Ohaneze Ndigbo, a annoncé l'interdiction de toute cérémonie de ce type à l'étranger. Le gouvernement nigérian a soutenu cette décision.
Bianca Odumegwu-Ojukwu, ministre d'État aux Affaires étrangères du Nigeria, qui a assisté à la réunion de l'organe décisionnel suprême d'Ohaneze où la décision a été prise le 9 avril dans la ville d'Enugu, a déclaré que « la pratique préoccupante du couronnement de 'rois' igbo à l'étranger » avait un impact négatif sur l'image et les relations diplomatiques du Nigeria.
Bianca Odumegwu-Ojukwu, qui est également issue du groupe ethnique Igbo, a déclaré que l'installation de chefs traditionnels à l'étranger est souvent « perçue comme une affront par les populations d'accueil ».
Acte « irrespectueux »
Elle a ajouté que la « flamboyance » et « l'exhibition excessive de richesse par des Nigérians » lors de ces cérémonies, alors que dans certains cas les citoyens des pays hôtes connaissent des difficultés économiques, sont « carrément insensibles ».
La ministre a indiqué que les missions nigérianes à l'étranger et les pays hôtes seront informés de l'interdiction afin d'assurer son respect et d'envisager d'éventuelles sanctions à l'encontre des contrevenants.
Elle a précisé que si les communautés Igbo de la diaspora ont le droit de promouvoir leur patrimoine culturel, elles doivent toujours tenir compte des sensibilités des populations d'accueil.
Dans un communiqué, Bianca Odumegwu-Ojukwu a précisé que les responsables des communautés Igbo à l'étranger pourront être appelés « Onyendu », ce qui signifie simplement 'chef', au lieu d'« Igwe » ou « Eze », qui signifient 'roi'.
L'interdiction intervient à peine un mois après l'installation d'un Nigérian, Chief Solomon Ogbonna Eziko, comme « Igwe Ndigbo Na East London », traduction approximative : « le roi igbo d'East London », une ville de la province du Cap-Oriental en Afrique du Sud.
Cela a suscité l'indignation des habitants et des autorités sud-africaines, qui y ont vu un « manque de respect » envers les lois et les traditions sud-africaines.
Le Nigeria a ensuite présenté des excuses, des diplomates étant intervenus pour tenter de résoudre l'affaire.
Une situation similaire s'est produite au Ghana en 2024 lorsque la communauté Igbo y a organisé une cérémonie de couronnement à Accra pour installer « Eze Ndi Igbo Ghana », c'est-à-dire le « roi des Igbo au Ghana », provoquant l'indignation des Ghanéens.
Les Igbo constituent l'un des principaux groupes ethniques du Nigeria, principalement dans le sud-est du pays, et disposent d'une diaspora étendue, dont la plupart sont connus pour leurs activités commerciales.