Malick Biteye, "l'entraîneur des malades mentaux" du Sénégal, rêve de coupe du monde
Malick Biteye, jeune sénégalais passionné de sport, est surnommé "l’entraîneur des malades mentaux" depuis qu'il a formé une équipe constituée de déficients mentaux et de malades mentaux. L'équipe “Thérapie Foot” rêve d'aller en coupe du monde.
Dans les rues de Dakar, la capitale sénégalaise, le visage de Malick Biteye, travailleur social, ne passe presque plus inaperçu, surtout aux yeux des amoureux du ballon rond.
Pour les passionnés de football et les personnes impliquées dans les activités associatives et communautaires, Malick, c'est surtout Mr Mad Men Coach (l’entraîneur des malades mentaux).
Ce surnom est dénué de toute connotation péjorative illustre. Malick ne l'a pas volé car comme son surnom l'indique, Malick entraîne des personnes souffrant de troubles mentaux. Ensemble, ils ont mis sur pied l'équipe sénégalaise de football des malades mentaux.
Dans des aires de jeu publiques ou privées, les joueurs de cette équipe transmettent, lorsqu'ils sont en action, une joie et un sourire qui rappellent la beauté de la vie.
“Après mes études secondaires, j'ai tenté l’immigration en Italie où j’ai fait une formation d'opérateur socio-sanitaire OSS. C'est donc de cette formation que le déclic est parti. Étant donné que j'ai toujours été proche et ami des enfants et de mon prochain de façon générale, une fois revenu au Sénégal, j'ai voulu m'impliquer activement dans la communauté et aider ces personnes”, confie Malick Biteye à TRT Afrika.
Même si ce n'est qu'avec la montée des réseaux sociaux que le travail de Malick connaît une plus grande exposition, son activité sur le terrain remonte à plusieurs années maintenant. En effet, il a fallu du temps pour à la fois monter le projet, détecter et approcher les jeunes joueurs mais surtout mettre en confiance leurs proches.
“Les joueurs sont recrutés soit à l'hôpital psychiatrique avec l’accord du médecin traitant et des parents, soit directement chez eux mais toujours avec l'aval du médecin”, précise Malick.
Afin de fluidifier son travail, Malick a mis en place une équipe managériale avec ses moyens et le soutien de rares partenaires qui croient aux effets thérapeutiques du sport sur la santé mentale.
Le staff comprend deux autres entraîneurs et des guides des protocoles issus du Comité international de football pour la Santé mentale.
Ce comité, de même que les protocoles qu'il met en place, renseignent sur le crédit accordé aux effets thérapeutiques de la pratique du sport sur la santé mentale.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le sport « permet de réduire le risque de troubles psychiques […]. L'activité physique favoriserait également l'interruption des pensées négatives associées au stress, à la dépression et à l'anxiété ».
Quand ils sont sur le terrain, les règles du jeu et l'organisation liée aux matchs ou aux entrainements sont bien établies.
L'astuce qui permet de garantir la sécurité de chacun consiste à créer une ambiance conviviale, à mettre l'accent sur la rigueur et à garder un esprit alerte afin de garantir la sécurité de chacun.
Malick est convaincu que c'est avant cette ambiance bonne enfant qui crée la magie.
“Parfois les garçons fuient leur domicile pour errer dans les rues. Ils peuvent rester des jours dehors sans rentrer à la maison mais ils ne ratent pas les entraînements. En plus ils sont devenus une bande de copains”, affirme fièrement le coach.
“C'est très compliqué. Vous savez, quand on est engagé et qu’on sait que cela pourra servir toute une population et changer des vies, on ne peut plus reculer, mais sans soutien consistant, on souffre pour dire vrai. Avec mes 3 enfants qui grandissent, ça risque d'être très compliqué de continuer le projet sans travail ou un partenaire qui puisse nous soutenir...”, lance Malick avant un grand soupir et un hochement de tête qui a du mal à cacher son angoisse.
L'état d'esprit du coach qui habituellement mobilise ses troupes est justifié.
En 2018 par exemple, le voyage de son équipe pour prendre part à une compétition internationale en Italie avait échoué faute de moyens conséquents. Cet acte manqué avait eu pour conséquence la colère de certains parents qui avaient retiré leurs enfants, étant frustrés.
Comme une sorte de répétition de l'histoire, en novembre 2026, en collaboration avec la FIFA, le comité international organise la Coupe du monde de football des patients psychiatriques au Maroc.
Malick rêve d'y conduire ses joueurs, ce qui est loin d'être joué d'avance.
Jusqu'ici, Malick espère toujours un accompagnement formel de l'État dans le but d'améliorer l'encadrement de ces jeunes qui représentent officiellement le Sénégal lors de compétitions internationales de football dans cette catégorie.
`` C'est très compliqué. Vous savez, quand on est engagé et qu’on sait que cela pourra servir toute une population et changer des vies, on ne peut plus reculer, mais sans soutien consistant on souffre pour dire vrai. Avec mes 3 enfants qui grandissent, ça risque d'être très compliqué de continuer le projet sans travail ou un partenaire qui puisse nous soutenir...'` lance Malick avant un grand soupir et un hochement de tête qui a du mal à cacher son angoisse.
L'état d'esprit du coach qui habituellement mobilise ses troupes est justifié.
En 2018 par exemple, le voyage de son équipe pour prendre part à une compétition internationale en Italie avait échoué faute de moyens conséquents. Cet acte manqué avait eu pour conséquence la colère de certains parents qui avaient retiré leurs enfants étant frustrés.
Comme une sorte de répétition de l'histoire, en novembre 2026, en collaboration avec la FIFA, le comité international organise la Coupe du monde de football des patients psychiatriques au Maroc et Malick rêve d'y conduire ses joueurs, ce qui est loin d'être joué d'avance.