| Français
AFRIQUE
3 min de lecture
L’Union européenne impose des restrictions de visa aux Somaliens
Bruxelles note que la Somalie ne coopère pas suffisamment dans la réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière. Mogadiscio rejette ses accusations et défend ses conditions notamment la vérification de l’identité des personnes expulsées.
L’Union européenne impose des restrictions de visa aux Somaliens
Le président Mohamud a rejeté les accusations de non-coopération, affirmant que son pays est disposé à accueillir ses ressortissants / Other

L’Union européenne (UE) a décidé d’imposer des restrictions de visa aux citoyens somaliens, une mesure destinée à accentuer la pression sur Mogadiscio dans un contexte de désaccord sur la réadmission des migrants en situation irrégulière. Cette décision, approuvée par les États membres sur la base d’une évaluation de la Commission européenne, marque un nouvel épisode de durcissement de la politique migratoire du bloc.

Un durcissement immédiat des conditions d’accès à Schengen

Les nouvelles dispositions prévoient la suppression des visas Schengen à entrées multiples pour les ressortissants somaliens, ainsi que l’allongement du délai de traitement des demandes, désormais porté de 15 à 45 jours. L’UE a également mis fin à l’exemption de frais pour les passeports diplomatiques et de service, tout en suspendant plusieurs procédures simplifiées relatives aux justificatifs.

Bruxelles présente ces mesures comme un instrument de pression temporaire, sans durée définie, visant à inciter la Somalie à renforcer sa coopération en matière de retour des migrants déboutés du droit d’asile.

Selon le Conseil de l’Union européenne, la Somalie ne coopère pas suffisamment dans la réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière. L’exécutif européen estime que les autorités somaliennes ne respectent pas pleinement leurs engagements en matière de retour et d’identification des personnes concernées.

Le commissaire européen à la migration, Magnus Brunner, a averti que les pays d’origine doivent honorer leurs obligations, faute de quoi « des conséquences » sont à prévoir, soulignant la ligne plus ferme adoptée par l’Union sur les questions migratoires.

Mogadiscio rejette les accusations et défend ses conditions

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a rejeté les accusations de non-coopération, affirmant que son pays est disposé à accueillir ses ressortissants. Il insiste toutefois sur la nécessité de vérifier l’identité des personnes expulsées, estimant que certaines d’entre elles ne sont pas somaliennes.

« Nous n’avons pas rejeté notre peuple », a-t-il déclaré, ajoutant que « si ce sont des Somaliens, nous les accepterons ». Il a également mis en garde contre des erreurs d’identification, évoquant des cas de personnes ne parlant pas la langue somalienne et se présentant comme somaliens pour obtenir l’asile en Europe.

Un différend enraciné dans la crise migratoire

Les tensions s’inscrivent dans un contexte migratoire complexe, marqué par des décennies d’instabilité en Somalie. Depuis l’effondrement de l’État central en 1991 et la guerre civile qui s’en est suivie, le pays reste confronté à une crise sécuritaire et humanitaire prolongée.

La situation est aggravée par l’insurrection du groupe armé al-Shabab, affilié à Al-Qaïda, actif depuis 2006 et responsable de multiples attaques. Ces facteurs alimentent les flux migratoires vers l’Europe, tout en compliquant les procédures de retour.

Une politique européenne de plus en plus restrictive

La Somalie rejoint ainsi une liste limitée de pays ciblés par des mesures similaires. La Gambie avait été sanctionnée en 2021 et l’Éthiopie en 2024, avant la levée des restrictions pour ce dernier pays en mai, après amélioration de la coopération.

Dans un contexte plus large, l’UE durcit progressivement sa politique migratoire, en renforçant les mécanismes de retour et en envisageant des centres de traitement hors de ses frontières.

Un impact humain et diplomatique

Au-delà de la dimension diplomatique, ces restrictions pourraient affecter de nombreux Somaliens souhaitant voyager pour des raisons familiales, professionnelles ou académiques. Plusieurs organisations de défense des droits humains estiment que ces mesures risquent de pénaliser les populations civiles sans résoudre les causes structurelles des migrations.

Alors que les tensions persistent entre Bruxelles et Mogadiscio, l’UE conditionne désormais toute levée des restrictions à une amélioration substantielle de la coopération somalienne sur les retours.

SOURCE DE L'INFORMATION:AA
Plus de contenus
Aliko Dangote: "L'Afrique sera pratiquement autosuffisante en carburants d'ici 2030"
Maroc: Le roi Mohammed VI nomme Fatima Ezzahra El Mansouri au poste de Premier ministre
Traoré : "Désormais, l’or doit être transformé, contrôlé, valorisé et certifié au Burkina Faso"
Sommet économique en Égypte : le pari d’un marché africain plus intégré
L’AES lance une chaîne de télévision pour lutter contre les "impérialistes"
Mali : au moins 50 « terroristes » neutralisés dans une opération des FAMa près d’Abeibara
Air Algérie reprend ses vols vers Doha après sept mois d'interruption
L'Afrique aura-t-elle un jour des sièges permanents au Conseil de sécurité de l'ONU ?
Afrique du Sud : le bilan de la fusillade dans un bar s’élève à 18 morts
Ebola : la RDC franchit le cap de 8 000 cas recensés
São Tomé-et-Príncipe : les électeurs choisissent leurs députés et leurs maires
Les États-Unis suspendront le financement du secteur de la santé au Zimbabwe en septembre
Afrique du Sud : 27 morts après une double fusillade au Cap et à Johannesburg
Afrique du Sud : une dixième femme retrouvée morte
Le Soudan rejette la position américaine sur la légitimité des parties belligérantes
RDC: au moins 14 morts, dont des responsables militaires, dans un crash aérien
Madagascar: un an après où en est la refondation ?
ONU : plus de 55 000 Soudanais ont fui vers le Tchad depuis janvier
RDC : au moins 41 morts dans un naufrage sur le lac Tanganyika
Une place permanente à la table du pouvoir : l'Afrique réclame une réforme du Conseil de sécurité