La Seleção a beau détenir encore le record de cinq Coupes du monde remportées, elle ne fait plus rêver comme aux temps de Pelé, Romário, Ronaldo ou Ronaldinho.
Et ces dernières années ont été particulièrement chaotiques.
Depuis le départ de Tite après l'élimination en quarts de finale du Mondial-2022, le Brésil a vu défiler trois sélectionneurs avant l'arrivée d'Ancelotti.
Le technicien italien est arrivé au chevet d'une équipe moribonde il y a un an, remplaçant Dorival Junior après une déroute 4-1 face à l'Argentine.
"Il est arrivé à un moment très difficile, il sait que le Brésil a beaucoup de terrain à rattraper, mais il a déjà réussi à changer l'ambiance, à redonner de la confiance", dit à l'AFP Leonardo Bertozzi, commentateur de la chaîne ESPN.
Sur le terrain, "Carletto" a assuré l'essentiel: la qualification pour le Mondial-2026 (11 juin-19 juillet). Mais la Seleção a montré ses limites, notamment lors du match amical contre la France fin mars (défaite 2-1).
Miser sur le collectif
"J'ai confiance en ce groupe. Il n'est peut-être pas parfait, mais il est concentré, humble, altruiste. Mon idée est de miser sur le collectif, pas sur les individualités", a déclaré l'Italien après l'annonce de sa liste finale pour le tournoi qui aura lieu au Mexique, au Canada et aux États-Unis (11 juin-19 juillet).
Une façon de s'adresser indirectement à Neymar, qu'il a fini par rappeler après plus de deux ans d'absence en équipe nationale.
L'ancienne star du FC Barcelone et du Paris SG signe son grand retour à 34 ans pour jouer sa quatrième Coupe du monde, malgré des pépins physiques récurrents et des performances pas vraiment convaincantes avec Santos depuis son retour au bercail l'an dernier.
L'état de son mollet droit pourrait même le priver des amicaux prévus avant le Mondial, contre le Panama le 31 mai puis l'Égypte le 5 juin.
"Il faut être clair et transparent: il va jouer s'il le mérite. C'est à l'entraînement que cela va se jouer. C'est important de ne pas placer les attentes sur un seul joueur", a insisté Ancelotti, qui dispose d'autres atouts offensifs comme Vinicius, Raphinha ou le jeune Lyonnais Endrick.
En attendant, cette décision de rappeler le meilleur buteur de l'histoire de la Seleçao (79 buts, deux de plus que Pelé) a été célébrée par de nombreux supporters qui ont crié comme si le Brésil avait marqué un but au moment de l'annonce de la liste.
Respect
Mais elle ne fait pas l'unanimité parmi les commentateurs brésiliens. Sur le site UOL, le journaliste vedette Mauro Cezar Pereira s'est dit "déçu qu'un entraîneur de premier plan ait cédé au lobby" pour la convocation de "Ney", qui défraye souvent la chronique en raison de ses dérapages extra-sportifs, mais est très apprécié par ses pairs.
"Je me demande si les aspects positifs de la présence de Neymar prévalent sur les aspects négatifs", a réagi pour sa part Tostao, champion du monde en 1970, dans les colonnes du quotidien Folha de S. Paulo.
Ce retour a été favorisé par les absences sur blessure de joueurs comme Rodrygo ou Estevão, 19 ans, meilleur buteur de la Seleção sous la houlette d'Ancelotti, avec cinq buts en sept matches.
Éder Militao fera également défaut en défense, même si la charnière est composée de deux finalistes de la Ligue des champions samedi prochain, Marquinhos (Paris SG) et Gabriel Magalhães (Arsenal).
"Le Brésil ne fait pas partie des grands favoris, mais je crois qu'il inspire toujours le respect", estime Leonardo Bertozzi.
Il rappelle que lors des deux derniers titres remportés, en 1994 et en 2002, la Seleção était également très critiquée avant la compétition, mais avait "su hausser son niveau de jeu au bon moment".
Les Brésiliens rêvent d'imiter leurs aînés de 1994, qui mirent fin à une disette de 24 ans sans titre mondial, lors d'un tournoi disputé aux États-Unis. En battant en finale l'Italie d'un certain Carlo Ancelotti, alors assistant du sélectionneur Arrigo Sacchi.














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