| Français
SPORTS
4 min de lecture
Le Sénégal et le Maroc rejouent la finale de la CAN devant le Tribunal arbitral du sport
Le Sénégal et le Maroc, qui se sont affrontés dans une finale de Coupe d’Afrique des nations (CAN) chaotique en janvier dernier, se retrouvent jeudi pour contester le titre, cette fois devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), en Suisse.
Le Sénégal et le Maroc rejouent la finale de la CAN devant le Tribunal arbitral du sport
Aucune date n’a encore été fixée pour le verdict, qui doit définitivement déterminer le champion d’Afrique/CAF

Neuf mois après le coup de sifflet final à Rabat, la rencontre et ses conséquences controversées sont de nouveau examinées par la plus haute juridiction sportive, alors que des affrontements avaient opposé des supporters sénégalais à la police marocaine.

L’autorité de l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala pourrait être déterminante dans l’appel du Sénégal, qui cherche à récupérer le trophée remporté sur le terrain grâce à une victoire 1-0 après prolongation.

Le résultat avait été annulé en mars et transformé en victoire 3-0 pour le Maroc par la commission d’appel de la Confédération africaine de football (CAF). Cette décision faisait suite au départ des joueurs sénégalais du terrain pour protester contre l’attribution d’un penalty au Maroc, provoquant une interruption de 15 minutes.

Une audience à huis clos

Une audience d’appel d’une journée, à huis clos, se tient ce jeudi au siège du TAS à Lausanne, devant trois juges.

Aucune date n’a encore été fixée pour le verdict, qui doit définitivement déterminer le champion d’Afrique. La prochaine CAN débutera en juin, avec une organisation conjointe du Kenya, de la Tanzanie et de l’Ouganda.

Les dirigeants des fédérations sénégalaise et marocaine de football devraient manquer l’audience, qui coïncide avec un sommet de trois jours de la CAF au Cap-Vert, auquel participe notamment le président de la FIFA, Gianni Infantino.

La décision de l’arbitre au cœur du dossier

Les Lois du jeu accordent une large autorité à l’arbitre. Selon la loi 5.2, « les décisions de l’arbitre concernant les faits liés au jeu, notamment la validité d’un but et le résultat du match, sont définitives ».

Jean-Jacques Ndala avait finalement repris la rencontre après le retour des joueurs sénégalais sur le terrain. Ceux-ci avaient quitté momentanément la pelouse pour protester contre un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel.

RELATEDTRT Afrika - Le Maroc déclaré vainqueur de la CAN, le Sénégal saisit le TAS et conteste une décision "injuste"

Alors que le match risquait d’être définitivement interrompu, ce qui aurait pu offrir le titre au Maroc, Sadio Mané avait notamment contribué à convaincre ses coéquipiers de reprendre la partie.

Le penalty manqué de Brahim Díaz

Le match avait repris avec le penalty qui pouvait offrir au Maroc son premier titre continental depuis 1976.

L’attaquant du Real Madrid Brahim Díaz avait tenté une « Panenka », une frappe piquée au centre du but destinée à tromper le gardien.

Mais le portier sénégalais Édouard Mendy était resté debout et avait facilement capté le ballon.

La rencontre s’était ensuite poursuivie en prolongation. Quatre minutes plus tard, le milieu sénégalais Pape Gueye avait marqué d’une frappe puissante, offrant au Sénégal une victoire 1-0.

La CAF avait d’abord rejeté la demande du Maroc

Onze jours après la finale, les instances disciplinaires de la CAF avaient infligé plus d’un million de dollars d’amendes cumulées aux deux fédérations, ainsi qu’à plusieurs joueurs et à l’entraîneur sénégalais Pape Thiaw.

Elles avaient également rejeté la demande du Maroc visant à faire annuler le résultat et à être déclaré vainqueur en raison de la sortie des joueurs sénégalais.

Après plusieurs recours, la commission d’appel de la CAF avait finalement, deux mois après la finale, déclaré le Sénégal forfait.

RELATEDTRT Afrika - "J'ai essayé de protéger mes joueurs" : Pape Thiaw justifie son acte, avant une éventuelle sanction

Les juges s’étaient appuyés sur le règlement de la CAN, selon lequel une équipe qui « refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre » est considérée comme perdante et éliminée de la compétition.

Une affaire devenue politique

Le gouvernement sénégalais avait promis de soutenir « toutes les voies légales appropriées » pour récupérer le titre et demandé une enquête sur de possibles faits de corruption dans le football africain.

Cette affaire a également alimenté les accusations selon lesquelles le Maroc, coorganisateur de la Coupe du monde 2030, disposerait d’une influence importante au sein de la CAF et de la FIFA.

En mai, le roi du Maroc Mohammed VI avait gracié 18 supporters sénégalais condamnés à des peines de prison après les troubles survenus dans le stade de Rabat.

SOURCE DE L'INFORMATION:AP